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chapitre 8 Applications pratiques
Nos sociétés modernes semblent connaître un déficit de décision et certains décideurs politiques un certain déficit cognitif. Si c'est le cas il existe trois méthodes pour y rémédier: (1) améliorer les conditions de décision, (2) améliorer le décideur et (3) améliorer les outils de décision.
Presque tout le monde s'accorde à démontrer qu'il existe des problèmes de gestion dans nos sociétés modernes. La politique actuelle a tendance à diviser les problèmes de décision et à les confier à des sous-systèmes qui codifient les méthodes de résolution de problèmes à leur manière (Luhmann:82) en sélectionnant (ou définissant) la partie du problème qui les intéresse (Luhman 73:55-86). Cette méthode du "muddeling through" organisée ne fonctionne pas trop mal, mais elle a l'inconvénient de multiplier inutilement les unités administratives et la "densité" des règles qui sont souvent en contradiction "politique" entre elles [146]. L'autre alternative moderne, le néo-libéralisme ne tombe pas dans ce piège, mais la confiance dans les "capacités auto-régulatrices du marché" augmente le coût social et écologique des non-décisions. Aujourd'hui, les solutions proposées face à des problèmes globaux ne sont que rarement globales.
Pratiquement toute la littérature empirique de la décision en psychologie expérimentale et/ou cognitive [147] s'accordent à montrer la rationalité très limitée des décideurs humains. En même temps, la société devient de plus en plus complexe. Face à ces constats, on peut d'abord se poser la question, si c'est vraiment grave. L'analyse politique montre en effet que le système politique peut s'adapter quelque peu à ce phénomène:
Cette liste non-exhaustive montre que les problèmes politiques ne peuvent pas être uniquement attribués aux (in)capacités des décideurs politiques. Ainsi on lie souvent les problèmes de décision à des facteurs externes (comme la "politique télévision", la puissance des groupes de pressions qui jouent des jeux individualistes comme le "MaxiMin", ou encore l'effet accumulatif des arguments négatifs dans les démocraties directes ou le systèmes d'élections majoritaires). Même un bon décideur doit se plier en grande partie à la logique d'un système. Pourtant, le fait que l'on distingue intuitivement et parfois méthodiquement de bons et de mauvais décideurs (surtout au niveau collectif), montre que le décideur a toujours un rôle à jouer. Lorsqu'on observe les gouvernements modernes, il est parfois tenté de faire référence aux pathologies de Dörner discutées dans la section 3-5 "Le modèle "Lohhausen"" [p. 91] [148].
Evidemment, il est très difficile de savoir si on peut vraiment former de meilleurs décideurs politiques. Ainsi, on peut formuler le souhait que non seulement la formation des décideurs soit améliorée, mais que le processus de sélection favorise des politiciens selon leur capacité de décision et non pas selon des critères de capacité pour la lutte politique interne. Il n'est ni possible ni souhaitable qu'ils aient à passer un test de type "Lohhausen" (section 3-5, p. 91), mais il serait bon que le public et surtout la presse soient éduqués pour examiner le "track record" d'un politicien en fonction des capacités nécessaires pour gérer un système complexe. Cela peut se faire en enseignant la systémique dans les écoles secondaires et en mettant sur pied des formations sur la décision adaptées aux décideurs de haut niveau. En dernier lieu, un décideur polyvalent a sans doute plus de chances de réussir. Comprendre au moins les langages principaux (un peu de Droit, d'économie, de politique, de technique) réduira fortement la charge cognitive lorsqu'on est confronté aux problèmes "multi-dimensionnels" de la politique [149].
Face à ces problèmes, il existe trois types de solution:
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