Objectifs poursuivis

 

Les objectifs poursuivis au sein des institutions sont pluriels. L'intégration des TICE dans le cadre des différentes formations aurait pour objectif de flexibiliser la formation afin de pallier aux contraintes temps et espace lié aux contraintes logistiques des institutions, par exemple. L'étudiant aurait la possibilité de choisir le moment et d'étudier à son rythme d'apprentissage. L'enseignement serait d'une certaine façon davantage individualisé. A ce propos, les collaborateurs de l'ONUG ont la possibilité de suivre une formation continue en langue à distance sans être pénalisé par leurs activités professionnelles. En outre, un second avantage concerne les innovations pédagogiques dans le cadre de l'enseignement traditionnel. Les technologies permettraient de cibler l'enseignement davantage sur l'apprenant pour ne plus se caractériser exclusivement par une simple transmission de savoirs, à l'exemple des cours ex-cathedra. C'est ainsi qu'aujourd'hui apparaissent les notions de collaboration, d'interactivité.. Cet enthousiasme vis-à-vis de la FAD viserait, selon l'EPFL, à accroître le taux de réussite des étudiants et donc de les motiver face à leurs études. C'est ainsi que "beaucoup d'espoirs sont mis dans les nouveaux moyens pour résoudre des problèmes pédagogiques qui nous préoccupent depuis longtemps comme : la rétention et le transfert de l'apprentissage, la motivation et la responsabilisation des étudiants, les conditions d'apprentissage, les ressources, la combinaison de différentes méthodes d'enseignement, la structure et l'organisation des plans d'études et des cours. " A ce propos, la vocation même du service CAI est de former les enseignants ainsi que de mener des recherches sur les TICE.

 

Il faut cependant rester attentif aux enjeux politiques et économiques dont peuvent tirer parti les institutions par rapport aux TICS. Au FOREM, organisme para-statal, les orientations de la formation professionnelle s'inscrivent dans un contexte institutionnel : La Ministre de l'Emploi souhaite que, d'ici à la fin 2002, 20% de l'offre de formation soit de la formation à distance. L'EPFL, quant à elle, voit, par exemple, l'avantage de décloisonner les cours donc d'en agrandir l'offre pour la rendre accessible à un public toujours plus nombreux. De manière plus globale, l'intégration des TICE s'inscrit dans une stratégie globale qui vise à encourager le développement de ces formes expérimentales d'enseignement dans le contexte suivant… Elle déclare qu'en effet, "nous nous trouvons aujourd'hui à un tournant dans l'enseignement universitaire : le nombre d'étudiants augmente, les ressources diminuent et les exigences de la vie professionnelle deviennent de plus en plus élevées. La globalisation et la compétitivité mondiale exigent de plus en plus de qualifications ; la Suisse doit fournir un effort majeur puisque la matière grise reste sa source principale. C'est dans ce contexte qu'il faut situer les NTIC. " De même qu'il nous paraît important de préciser qu'il est important de ne pas se laisser aveugler par les NTICS et leurs possibles. Mais que dans l'optique de " prendre des mesures qui visent toujours à améliorer la qualité de l'enseignement et de la formation, (…) l'introduction des TICE n'est pas de viser à la substitution des technologies aux enseignants, mais plutôt leur conjonction afin de permettre aux étudiants d'individualiser leur processus d'apprentissage (…)"

 

L'objectif sous-jacent à ces différentes stratégies institutionnelles est bien entendu d'établir une politique à long terme. Ce changement ne correspond pas à une mode puisqu'il apporterait les avantages réels susmentionnés. Dès lors, dans le cadre du FOREM, le top management exprime que l'approche est à la fois de soutenir les initiatives de terrain et également d'impulser le changement par le haut. Cette approche "dans les deux sens" est nécessaire pour optimiser les changements. Une approche uniquement top-down serait des plus maladroites, bien qu'elle s'averrait également nécessaire de façon à éviter l'éclatement. Ainsi, le projet @madeus visait à favoriser la création et soutenir la réalisation de projets du terrain, mais donnait aussi un cadre, une structure aux initiatives de terrain (comité de pilotage, animateurs de changement etc.) De même qu'à une plus petite échelle, le CAI compte pour réaliser son projet sur le support du Centre d'Apprentissage ainsi que de l'université afin de généraliser leur formation et ce, pour différents publics, composés non plus seulement de professeurs mais également d'étudiants.