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Encyclopédie d'interprétation

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NORIEGA Déborah http://etudiants.unige.ch/~noriegd0 LMRI Education scolaire 2ème année Second cycle alban_noriega@hotmail.com
NORIEGA Alban http://etudiants.unige.ch/~noriega0 LMRI Education scolaire 3ème année Second cycle noriegadeborah@hotmail.com

Date de mise à jour :21.11.03

26.11.03 dper_commentaire



Texte de 650 à 700 mots

L'Encyclopédie d'Interprétation

Historique du concept

Pour commencer cet historique sur la notion d'encyclopédie d'interprétation, il me semble tout d'abord important de s'intéresser à celui de l'encyclopédie. "De l'Antiquité (Aristote) jusqu'au Moyen-Age (Etymologies d'Isidore de Séville, le Livre du Trésor de Brunetto Latini) et à la Renaissance, le mot d'encyclopédie garde son sens grec, c'est-à-dire éducation qui embrasse le cercle entier des connaissances. C'est au début du XVIIèm s., avec Francis Bacon, que l'encyclopédie, au sens moderne du terme, apparaît. Au XVIIèm s. et au début du XVIIIèm s., l'ordre alphabétique du dictionnaire s'impose et le modèle de ce genre est L'Encyclopédie de Diderot. Avec l'encyclopédie méthodique de la Librairie Panckoucke (1781) commence l'édition de l'encyclopédie moderne qui, tantôt sous forme d'exposé méthodique, tantôt sous forme de recueil alphabétique, cherche à résumer l'ensemble des connaissances.
dper Il faudrait de ce bref historique extraire les singifications fondamentales telles comme somme exhaustives des connaissances d'une collectivité à un moment donnée"

Définition


Personnellement, nous définirions une Encyclopédie d'interprétation comme un document qui ferait état des différentes interprétations possibles de la part de chacun d'entre nous. Interprétations d'une image, d'une photo, d'une peinture, d'un support multimédia, etc. En effet, une image peut induire des significations erronées. Prenons le cas d'un exercice dans lequel un déterminant accompagne une image de bicyclette. Selon leur encyclopédie d'interprétation individuelle et/ou sociale, certains enfants vont dire le vélo. La représentation est donc insuffisante pour pouvoir trancher! Certes, une image apprend, mais les systèmes de représentation n'ont pas qu'une seule vertu. Les encyclopédies d'interprétations sont donc très variées tant sur le plan individuel que sur le plan social.

Pour avancer dans la définition de cette notion d'Encyclopédie d'interprétation, je donnerai à présent des définitions issues de documents de référence:

Le petit Larousse illustré définit l'encyclopédie de la manière suivante:C'est "un ouvrage où l'on expose méthodiquement ou alphabétiquement l'ensemble des connaissances universelles (encyclopédie générale) ou spécifiques d'un domaine du savoir(encyclopédie spécialisée)".Quant à la notion d'interprétation, voici ce qu'il en est dit: L'interprétation est définie comme "une action d'interpréter, de donner un sens à quelque chose;explication, commentaire".

Dans "L'analyse de l'image", la notion d'encyclopédie d'interprétation est davantage perçue comme un processus ou un dispositif interne à chacun d'entre nous.

De plus, dans le texte "Structure et fonctionnement sémiotique des icônes de logiciel et d'environnements informatiques standardisés" (Peraya D.), l'interprétation se dit être fortement influencée suivant le contexte dans lequel se trouve le sujet. En découvrant une image, un icône, une photographie, un individu puisera dans sa propre encyclopédie d'interprétation et donnera du sens à ce qu'il voit d'après ce répertoire.Mais ce n'est pas tout;si l'on considère qu'une encyclopédie est un ouvrage où l'on expose (...) l'ensemble des connaissances, il importe de s'intéresser aux rapports entre l'image et la cognition comme le fait D. Peraya dans son texte "Image(s) et cognition, Présentation du dossier". En effet, nos interprétations sont très différentes d'un contexte à un autre et elles influencent fortement la perception que nous allons avoir de cette image. Il importe aussi "d'analyser ce en quoi nos images mentales déterminent notre perception et les images matérielles d'une part, [mais également] ce en quoi nos images matérielles déterminent nos images mentales d'autre part". Il paraît important de faire cette précision car la vision qu'il faut avoir de ce rapport n'est pas uniquement unidirectionnelle mais bien bi-directionnelle ou réciproque.

Dans le courant des années 1980, les moyens audiovisuels se développent et font appel, non plus à des compétences techniques élémentaires, mais à des compétences de type langagières. L'introduction de la sémiologie dans ce domaine va changer considérablement les idées. On va à présent s'efforcer de savoir comment fonctionne une image, que ce soit en terme de décodage ou de production. et c'est à ce moment précis que va intervenir l'encyclopédie d'interprétation de chacun d'entre nous.

L'encyclopédie d'interprétation est à penser nécessairement dans une vision d'ordre culturel selon Peraya. En effet, il me semble relativement évident qu'une image n'aura pas toujours la même signification dans deux contextes culturels .

Introduction


Le rôle du signe

Pour mieux définir l'encyclopédie d'interprétation nous nous appuierons sur des éléments intéressants que nous avons tirés du livre de Jean-Marie Klinkenberg "Précis de sémiotique générale". En effet, il semble important de partir de cette notion de signe pour faciliter la définition à venir de l'encyclopédie d'interprétation.
Les signes, utiles pour nommer des réalités auxquelles nous n'avons pas accès, permettent "d'établir l'existence (...)de ces réalités"(1). Ils permettent également de structurer notre environnement langagier au sens métaphorique. L'utilisation de ces signes nous permet de nous construire des échelles et des structures afin de classer ces termes qui ne sont pas organisés comme tel dans la nature.Lorsque quelqu'un se plaint de "mal au ventre", cela postule qu'il existe un mal et par contre-coup, un non-mal. L'expression postule aussi qu'on peut avoir mal au ventre mais aussi à quelque chose d'autre.
La catégorisation des sons aigus et graves en est un autre exemple. Tout autour de nous et en nous semble être découpé, catégorisé et structuré en unités dites discrètes.
Cependant, Klinkenberg ne voit pas cette construction comme un élément figé. "Le découpage de l'univers n'est pas défini une fois pour toutes. Il est toujours relatif, lié qu'il est au système de connaissance, aux valeurs d'une culture, aux fonctions utilitaires définies par celle-ci. A ce que l'on nommera une encyclopédie"(1).
Un exemple classique de cette relativité nous est fourni par les noms de couleurs. Ceux-ci varient fortement de langue en langue. Pour un citadin francophone, la notion de "neige" ne nécessite pas de subdivisions plus importantes. Si la chose est nécessaire, il précisera "neige dure", "neige fondante", etc. Par contre, l'Inuktitut ( langue des Esquimaux ) a découpé tous les sens que couvre le concept "neige" en plusieurs autres concepts, désignés par des mots différents:"qui tombe", "au sol", "molle", etc.
Ceci ne signifie pourtant pas que les citoyens francophones et les Esquimaux soient conformés différemment, mais simplement que nos expériences de culture ont été codifiées d'une manière différente.
Pour résumer, "le découpage de l'univers proposé par les signes est toujours relatif:il dépend des groupes sociaux; à l'intérieur de ces groupes, il dépend des personnes et de leur statut, et, chez ces personnes, des circonstances"(1).
Le signe organise donc à la fois l'univers matériel(univers des sons, formes couleurs, odeurs => objets=signifiants) et de l'univers conceptuel(univers des idées, représentations mentales, affects, valeurs, organisations des objets => conceptions de ces objets=signifiés).

Le caractère pluriel et provisoire des encyclopédies

Dans ce processus de structuration de l'univers, difficile à nommer tant il est en mouvement perpetuel,on peut repérer "un mouvement cognitif double: du monde aux modèles sémiotiques et de ceux-ci au monde"(p.82). C'est pour cette raison que le classement effectué par chacun d'entre nous a "un caractère provisoire et fragile" et amène à penser le terme d'encyclopédie de manière plurielle, pour des raisons cognitives mais aussi pour des sociales.

Distinction dictionnaire vs encyclopédie

Pour décrire le signifié, on dispose de deux grandes familles de modèles que Kirchenberg nomme "modèle dictionnaire" et "modèle encyclopédie". La différence entre ces deux modèles réside dans leur façon de définir des mots. Dans le premier cas, la description du concept se fait exclusivement en termes linguistiques sans tenir compte des conceptions des personnes. Dans le modèle encyclopédie, on tient justement compte de l'expérience peronnelle de la chose elle-même. Un cheval n'est plus seulement un mammifère à quatre pattes, il peut aussi être définit comme étant grand ou petit, marron ou blanc, un animal pour faire des promenades ou un outil de travail etc.

La difficulté qu'a rencontré la sémantique, science de la description du sens de la langue, a été de bien reussir à distinguer les signes et les référents, de distinguer également les propositions analytiques et les propositions synthétiques. Selon Kirchenberg, "les propositions analytiques sont des propositions qui sont toujours vraies en vertu du sens des termes qui la composent. Enoncer ma mère est une femme, est formuler une proposition analytique:le sens de mère comporte nécessairement le sens de femme ou encore, pour le dire dans la terminologie de la linguistique, femme est un sème de mère. Aux propositions analytiques, on oppose souvent les propositions synthétiques:ces propositions sont vraies ou fausses qu'en vertu de conditions extérieures à elles-mêmes. Pour vérifier ou falsifier l'énoncé mon livre est sur la table, il faut le confronter à son référent. Ces propositions sont dites synthétiques, car elles mettent ensemble-synthétisent-des réalités d'ordre différent (un énoncé et un référent):elles imposent que l'on sorte de l'énoncé linguistique".
Cependant, l'auteur nuance ces explications en exposant la position de la sémiotique ( vs sémantique ) qui montre que "l'environnement (un ensemble d'objets dont la fonction première n'est pas de communiquer) ,et même les systèmes de valeurs, sont construits sur une grammaire générale qui ne se limite pas à la grammaire de la langue (...).S'il reste intéressant de distinguer l'énoncé linguistique de son contexte et des partenaires de la communication, il n'en reste pas moins que la sémiotique ne voit pas une différence inéluctible entre eux (...).
Si on dit "il fila comme un lièvre", le trait de "la rapidité" est induit dans cette expression. et on considère que ce trait fait partie du sens de "lièvre". Cela laisse penser que le lièvre est forcément rapide. D'une point de vue sémantique, cette proposition n'est pas analytique ( dictionnairique ), alors que d'un point de vue sémiotique, on privilégie la perspective encyclopédique.

Insérer tableau sémantique vs sémiotique

On en vient ainsi à se dire que les propositions analytiques ne sont pas autre chose que d'anciennes propositions synthétiques qui ont été stabilisées dans une culture:unanimement acceptées,elles ne sont plus à faire l'objet de confrontations avec la réalité(...).
En revanche, ce que l'on a pu observer c'est que l'on peut toujours remodeler le stock de propositions analytiques disponibles dans ladite culture. Des changements n'ont pu se produire qu'à travers un discours encyclopédique. Ainsi, "les baleines sont des poissons" fut une proposition analytique. Aujourd'hui, "les baleines sont des mammifères" est tout aussi analytique. De même, pour "la terre est plate" devenu " la terre est ronde" prouvé par les calculs de Magellan.
Pour terminer, si l'on peut définir les propositions analytiques comme celles qui ne sont pas discutées dans une culture donnée, tous les degrés de stabilisation sont possibles. et non seulement tous les degrés de stabilisation sont possibles, mais plusieurs encyclopédies peuvent coexister, comme on l'a vu. Coexister dans la même société, mais également coexister dans le même individu"(1).

L'encyclopédie d'interprétation, une richesse individuelle et collective

Comme l'a précisé Mr Peraya, il est indispensable de considérer ces deux termes en une seule terminologie:"L'encyclopédie est à la base des connaisances qui servent à interpréter". En effet, c'est grâce à cette banque de données construite socialement et individuellement que vont être formulées nos interprétations du monde. Parmi les nombreuses théories sémiotiques existantes, il y en a une dont le souci principal est de rendre compte du rapport entre les signes d'une part, leurs sujets et leurs objets de l'autre. "Dans cette conception, on fournit une description triadique du signe, dans lequel on voit une coopération entre trois instances:l'objet, le signe proprement dit et l'interprétant. Autrement dit, la chose représentée, la chose qui représente et la médiation qui s'opère entre signe et objet".(1)
Il importe donc de comprendre l'interprétant comme un outil que l'interprète utilise dans l'interpétation. Ce peut, par exemple, être le sens qu'il assigne à un panneau routier, ou à un mot donné, les connotations qu'il attache à tel signe, la reconnaissance des traits du type iconique, etc. Si des interprètes différents opèrent des interprétations différentes d'un même signe, c'est qu'ils mobilisent des interprétants différents et qu'ils sont inconsciemment en train d'enrichir leur propre encyclopédie d'interprétation. Il faut donc bien voir l'interprétant comme un élément dynamique, et ce doublement:
a)L'interprétant est à la fois le produit d'une expérience, et une action. Il s'agit dans tous les cas de mettre des choses en relation les unes avec les autres, d'établir des liens entre des objets et des signes. Il peut être une loi générale dégagée par induction ou présomption, l'explication d'un phénomène ou encore un geste ou une attitude corporelle.
b)Deuxièmement, l'interprétant est dynamique car le processus d'interprétation est en principe illimité. En effet, l'interprétant d'un signe est toujours descriptible comme un autre signe. Si l'interprétant d'un signe est un autre signe, ce dernier a à son tour un interprétant, qui est lui-même un signe, et ainsi de suite. Un même objet peut donc être approché grâce à des interprétants variés, qui autorisent des interprétations approfondies, ou nouvelles, ou contradictoires.
Pour terminer, il est encore nécessaire de préciser que si ce processus est vu comme quelque chose d'illimité, en principe, le flux du processus d'interprétation peut être figé par l'habitude. Par exemple l'habitude que l'on peut avoir acquise de ne donner qu'un seul sens très précis à un signal donné, dans un contexte donné. La capacité de décentration est, dans un tel cas, totalement absente.

L'approche herméneutique

L'approche herméneutique, enfin, traite de l'interprétation des textes et des discours. Cette interprétation passe par une compréhension nécessitant un sujet interprète situé dans un eaction, une pratique sociale, une histoire et une culture.
Dans le dictionnaire, l'herméneutique est la théorie de l'interprétation des signes comme éléments symboliques d'une culture.
La scientificité de l'approche est assurée par l'intersubjectivité, c'est à dire la rencontre, souvent conflictuelle, de plusieurs subjectivités. De fait, la structure de la connaissance qui en découle est une construction hypothétique, transitoire et polémique. Ce genre d'approche nous semble particulièrement bien adapté aux tâches créatives, d'expertise, voire de recherche scientifique.

Lien encore à faire

Illustration

Biblio- et webographie

Klinkenberg J.M., Précis de sémiotique générale, De Boeck Université, 1996.
Peraya D., Structure et fonctionnement sémiotique des icônes de logiciels et d'environnements informatiques standardisés (ILEIS)
Peraya D., Image(s) et cognition, Présentation du dossier.
http://tecfa.unige.ch/themes/media/analim/barthes/anal-image1.html
http://fr.encyclopedia.yahoo.com/articles/sy/sy_1160_p0.html
Bénel A., Egyed-Zsigmond E., La question de la vérité dans les bibliothèques numériques:Ontologie, Norme, Herméneutique?, LISI-INSA Lyon, UCBL

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Friday, 12 March 2004, 11:14:42 am
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