Dans l'histoire, l'image a eu différents rôles et principalement celui de représentation, rôle utilisé entre autre à des fins pédagogiques. A la fin des années 60, Treichler ( 1967 ) définit les pourcentages d'apprentissage liés à nos cinq sens et prétend que 83 % de nos apprentissages se font grâce à ce que nous voyons. Il pourrait être traduit par le "sentiment naïf selon lequel les spectacles visuels sont plus efficaces que le langage verbal".
Or à la même période on trouve d'autres courants prônant une certaine méfiance envers l'image et la considérant comme un barrage à la réflexion ne suscitant pas la raison mais l'imagination et la fantaisie. Ces deux mouvements opposés vont provoquer de vives réflexions sur la nature du langage de l'image et sur son utilisation dans un cadre didactique.
Définition
Ce mot vient du grec « analogos » et signifie « qui est en rapport avec, proportionnel ».
L’analogie prend donc en compte une identité de rapports, une mise en relation de deux phénomènes ou situations qui appartiennent à des domaines différents mais qui présentent des similitudes, des ressemblances. Il y a le représenté et le représentant et les deux se ressemblent.
Dans le domaine des sciences de la communication, les représentations langagières se distinguent des représentations imagées. Si, pour les mots du langage verbal, la représentation de chaque changement de signification peut s’adapter à une unité particulière et spécifique (à chaque signifiant, un signifié), il n’en est pas de même pour les images qui, elles, se présentent comme un continuum visuel difficilement fragmentable. Une représentation imagée – ou signe iconique- peut être mentale (souvenir visuel), physique (reflet, photographie) ou sémiotiques (images dessinées, signes mathématiques, cartes géographiques…). Leur rapport de ressemblance peut atteindre des différences d’intensité et de réalisme : les aspects, les caractéristiques ou les propriétés du représenté peuvent être évoqués par le représentant à des degrés divers. Notons encore que le contexte pragmatique dans lequel s’inscrivent les signes iconiques influence la lecture de celui-ci.
Selon le modèle de Pierce, la représentation est une chose qui se tient à la place d’une autre. Le signe analogique possède les propriétés de l’objet. La représentation dépend alors de la relation avec l’objet représenté.
Eco propose la notion d’un modèle perceptif de l’objet réel à partir duquel s’opère la relation analogique. Le degré de ressemblance se situe entre la représentation et le modèle perceptif que chaque sujet a de l’objet représenté. L'image -ou signe iconique- contrairement aux signes du langage verbal, présente, nous l'avons vu, un caractère discret difficilement fragmentable; mais elle a aussi des propriétés communes avec le modèle perceptif de l'objet; l'image, elle, se construit selon les mêmes opérations mentales que pour construire le perçu. C’est un modèle sémiotique structuraliste-cognitiviste en ce sens qu’il prend en compte les mécanismes de production des signes analogiques.
Les travaux de Denis traitent de la relation entre l’image mentale et ses rapports à la cognition. Si les représentations figurent à la place de « quelque chose d’autre que lui-même » alors c’est aussi le produit de ce « quelque chose », elles en conservent des propriétés structurales mais ne prennent pas tout en compte car se serait alors l’objet lui-même. De plus, il démontre aussi que l’image mentale est un support pour des processus cognitifs.
Voici un croquis du modèle de Denis concernant le percept et l’image mentale commenté par Peraya dans la fiche technique au sujet des relations d’analogie.
D'après Denis, Image et cognition, 1989.
Peraya explique que activité et imagerie produisent les mêmes effets et que : « Pour Denis, l'étape suivante consistera à identifier les caractéristiques qui, partagées par ces différents systèmes de représentation, permettent d'expliquer la similarité des mécanismes fonctionnels: les similitudes structurales entre les images et les percepts jouent ici un rôle essentiel. »
L’imagerie ou représentations mentales sont du domaine interne alors que les représentations (matérielles) sémiotiques sont du domaine externe. Les représentations mentales étaient autrefois considérées comme très importantes car porteuses de connaissance.
Pour Duval, les représentations mentales et matérielles sont sémiocognitives, il n’y a pas de différence de sens. Seul, leur mode de production les différencie. Ce sont les registres de représentations différents qui résolvent des problèmes différents.
Peraya (1995) souligne que certaines représentations répondent à certaines questions et pas à d’autres : « Or, c'est bien à cause de la similarité tant fonctionnelle que structurale entre les images mentales et les images matérielles que ces dernières peuvent dans certaines circonstances, par rapport à un certain public et pour certaines tâches, produire des effets, par exemple d'économie cognitive, ou d'autres plus complexes, tels que la supplantation ».