L’usage de pratiques technologiques à fin éducatives appartient à l’histoire ancienne : Peraya, (1998) note que, déjà dans l’Antiquité, les démonstrations d’illusionnistes (jeux de miroir ou de magie par exemple) comportaient une dimension éducative.
Inutile de remonter ici si loin dans le temps. Evoquons plutôt l’évolution des dispositifs plus « modernes », qui prennent naissance durant le XX e siècle. On peut d’abord mentionner l’apparition de la radio scolaire dès avant la seconde guerre mondiale (1936) suivie plus tard par la télévision scolaire (fin 1950). Jusque dans les années 1970-80, c’est l’heure de gloire de tous les moyens audio-visuels (diapositives, rétroprojecteurs, magnétoscopes, vidéos) technologies « auxiliaires » pour lesquelles les compétences requises restent élémentaires. Puis, dès les années quatre-vingt, c’est l’apparition de techniques nouvelles qui vont nécessiter des savoir-faire afin de maîtriser les comportements de production. Enfin dans les années nonante c’est l’explosion des multimédias et l’expansion des télécommunications. La gestion simultanée de l’image, du texte et du son ouvre de nouvelles perspectives d’utilisation des technologies. L’apparition d’une informatique communicationnelle (Internet ,Web) dès 1995, sa propagation fulgurante et les possibilités d’échanges à travers le monde qu’elle permet, exige des compétences spécifiques pour son intégration.
Sur le plan scolaire, l’introduction de technologies dans l’enseignement est toujours sous-tendue par un modèle d’apprentissage qui reflète les théories dominantes d’une époque. L’enseignement assisté par ordinateur (EAO) par exemple, se présente comme un aménagement de l’enseignement programmé de Skinner et c’est en revanche inspiré par le constructivisme et les théories piagetiennes que Papert développe LOGO, langage informatique qui permet d’apprendre à programmer par décomposition d’un raisonnement.
Ces modèles impliquent un processus individuel d’accès au savoir. Puis, sans pour autant que ces modèles soient voués à l'abandon, un nouveau paradigme se développe: les théories socio-constructivistes et interactionnistes qui prennent en compte l’environnement social et culturel et qui postulent qu’apprendre ne consiste pas à recevoir le savoir de manière passive mais à agir sur les informations reçues en les transformant.
Pour transmettre des savoirs et permettre à l’élève de construire des connaissances, l’enseignant élabore des situations d’interaction (élève-enseignant) avec le savoir. Pour cela les acteurs vont utiliser des instruments symboliques ou techniques. Ces instruments ont des effets structurants sur les situations et ils en déterminent le sens.
Le développement extraordinaire des TIC remet en cause les façons de travailler, de communiquer, d’échanger. Cela induit un changement dans les attitudes et les comportements et une motivation nouvelle face aux pratiques pédagogiques.
A noter encore la nécessité pour les enseignants d’une formation spécifique.
Définition
TICE
sg. f. pl.
Technologies de l'Information et de la Communication pour l'Enseignement. Grosso modo, il s'agit de l'application de l'informatique et des réseaux à l'enseignement.
L'objectif général de l'intégration des TICE est de favoriser auprès des enseignants une appropriation de l'information comme un moyen d'Enseignement-Apprentissage exploité en classe pour des intérêts pédagogiques identifiés et insérés le plus possible dans une démarche didactique explicite.
Dans la conception du modèle transmissif, on accède aux vérités par le discours, par l'exposé, par la démonstration. Le rôle de l'enseignant est de présenter les connaissances comme un enchaînement de propositions vraies, de telle façon que, au terme de la transmission, l'élève ne puisse pas reconnaître comme une évidence le savoir auquel on aboutit( Ragot, 1991).
En ce qui concerne le modèle behavioriste, cette conception repose sur l'idée que pour faire passer l'élève d'un niveau de connaissances à un autre, il faut stimuler les comportements attendus et renforcer les réponses positives.
Et pour le modèle socioconstructiviste, apprendre ne consiste pas à recevoir le savoir de manière passive, mais à agir sur les informations reçues de la situation en les transformant. Les connaissances sont construites à partir de ce que l'on sait déjà.
L'intégration des TICE à l'école répond à une nécessité sociale. Pour répondre à cette intégration, il faut revenir aux objectifs fondamentaux de l'Ecole: épanouir la personnalité et préparer l'individu à l'emploi. La société se technologise de plus en plus. Les TIC deviennent centrales sur le marché de l'emploi. Nous vivons dans une société de communication et d'information. Chacun devra acquérir une certaine maîtrise des TIC et réfléchir sur leurs usages par une véritable révolution aux médias.
En conclusion, ce qui change fondamentalement avec la "révolution numérique" et qui va surtout changer dans les décennies à venir, c'est le passage du savoir statique au savoir dynamique. Les "agents pédagogiques virtuels" ( Forster, 2001) ne vont pas remplacer les enseignants réels, ils vont investir les champs de savoir et les complexifier. Il y a toujours, au bout d'un raisonnement, un triangle didactique "réel": un savoir, un instrument et / ou une compétence à acquérir, un candidat à l'acquisition et un médiateur de chair et d'os.