Il existe un long passé de recherche en psychologie sociale et en "human factors" qui compare la communication face à face à d'autres formes de communications médiatisées. Un argument relevé par ce travail de recherche est que les résultats obtenus dépendent des tâches expérimentales utilisées. Une autre conclusion concerne le sujet de cet article est que les mesures basées sur la performance des tâches (rapidité d'exécution), ne sont sensibles qu'à de grands changements quant aux facilités offertes pour communiquer.
Le but des auteurs dans cet article est d'identifier une série de variables dépendantes sensibles aux manipulations et perturbations du médium de communication.
L'étude a pour outil un système expérimental de communication électronique, synchrone et textuelle; "Conferencer". C'est un système de communication mono canal, les messages sont préparés dans une fenêtre d'édition qu'il n'est visible que par la personne qui les compose. Il est ensuite "envoyé" et donc visible pour les deux participants. Une fenêtre qui apparaît sur la droite de l'écran permet aux participants d'enregistrer sous forme de "post-it" les solutions et l'argumentation des solutions trouvées conjointement.
Deux versions de Conferencer furent utilisées pour ces études:
Le but est de mesurer "la qualité de la communication et les données présentées servent à illustrer la faisabilité d'utiliser différentes variables dépendantes à cette fin.
Ces données ont servi à l'étude exploratoire de deux thèmes:
Lors d'études précédentes avec Conferencer comme support on a pu noter que la conversation est beaucoup moins ordonnée que celle étudiée dans le cadre d'analyses de la conversation orale normale.
Les participants ont tendance à lancer de nouveaux sujets alors que des sujets précédents n'ont pas encore été résolus et ceci est dû à la possibilité d'archivage de la conversation (vaste fenêtre de conversation).
La paire de participants était séparée de façon à n'avoir aucun contact visuel ou acoustique entre eux. Ils avaient accès à une dizaine de minutes d'entraînement au programme avant de commencer l'expérience et le temps imparti pour effectuer la tâche de reconcevoir la disposition du mobilier d'une banque était d'une heure.
En gros, 8 paires d'étudiants en informatique ont travaillé avec chacune des 3 configurations de Conferencer:
Les données se sont révélées de qualité suffisante pour illustrer l'utilisation des variables examinées.
Le fait de devoir choisir une variable aléatoire ou une unité d'échantillonnage rend l'analyse d'expériences sur la communication complexe conceptuellement; Les résultats peuvent être analysés soit en termes de scores obtenus individuellement soit de scores obtenus par groupe. Dans ce cas l'unité d'échantillonnage a été la paire de participants.
Le paires sont toujours formées des mêmes partenaires au travers des 3 expériences; l'avantage des cette conception est qu'on utilise moins de sujets et elle est potentiellement plus sensible car les différences individuelles peuvent être séparées de la variance d'erreur. Le problème est qu'à force de travailler en paire les individus finissent par connaître les réactions de l'autre. Pour cette raison, il est important de considérer un nombre égal de paires pour chaque configuration de l'expérience.
L'accomplissement de la tâche est mesurée normalement en termes de qualité ou de temps. La première mesure requiert que des normes de qualités soient établies pour les solutions et les arguments proposés. Deux experts en human factors ont jugé en plaçant les solution sur une ligne de 1 à 100 les solutions sans connaître les conditions d'expérimentation.
Il s'est avéré que le facteur d'influence qui a démontré le plus de différences soit le 1er contraste - communication à l'aide d'un artefact partagé ou non. Mais cette mesure ne présente pas un intérêt primordial dans le cadre des hypothèses posées au cours de cette étude. Ces dernières ont requièrent des arguments plus spécifiques que "une configuration est-elle meilleure qu'une autre". Le premier contraste a pour hypothèse de prouver l'efficacité avec laquelle les participants communiquent. Le second contraste (possibilité ou non de d'archiver la conversation) devrait avoir un effet sur la structure de la communication.
En bref, est faisant référence à des études précédentes, il semble que la communication n'est pas effective tant que tous les participants ne partagent pas la même perception de ce qui est discuté et agréé.
Le contraste 1 prédit qu'un espace de travail partagé permettra une meilleure efficacité de la communication. Les participants devraient pouvoir produire une base commune plus importante et c'est en examinant leur mémoire de ce qui a été agréé que les auteurs ont testé l'efficacité. Il a donc été demandé aux participants de souvenir est d'établir une liste des solutions et des arguments sur lesquels ils se sont mis d'accord durant la tâche. Les participants qui ont établis de bonnes bases à leur communication devraient arriver à une même compréhension des éléments et ceux qui n'ont pas établi de bases adéquates arrivent à une compréhension différente des éléments.
Les résultats de cette expérience ne sont pas signifiants; cela peut-être dû au fait que les participant avaient compris que se mettre d'accord étaient leur tâche principale.
Une autre façon de mesurer la communauté des bases de communication est d'extraire des données sur l'entraînement syntactique" (la syntaxe des expressions d'un participant se reflète dans les expressions de l'autre), qui peut être mesurée par la longueur des expressions par exemple.
Analyse du contenu des conversations
L'hypothèse que la petite fenêtre rend la structure de la conversation plus semblable à la conversation orale et donc ordonnée par sujet - sinon la charge mentale devient trop lourde - a été vérifiée.
Cet article montre qu'un bon nombre de variables dépendantes différentes peuvent être utilisées pour mesurer la qualité de la communication en CMC. Le but était d'illustrer comment des mesures quantitatives peuvent être générées afin de tester des hypothèses spécifiques sur les effets de manipulations subtiles des facilités à disposition pour la communication.
A l'argumentation des variables dépendantes pour une expérience, il faut se poser 3 questions:
Il s'avère que plus la variable dépendante est spécifique plus elle est sensible; les mesures sur l'accomplissement de la tâche sont généralement peu sensibles. Paradoxalement, des indices comme la diminution de la longueur des expressions, qui implique l'utilisation d'expressions de co-référence et la diminution d'expressions de réouverture de sujet, sont démontrés en réduisant les ressources disponibles des participants. Ce résultat aurait été difficile à comprendre sans la grande variété de variables dépendantes adjacentes.
L'approche de ces expérience a été très orientée "psychologie expérimentale. Il aurait été possible de compléter ces expériences par des approches qualitatives d'anthropologie et de sociologie. Plusieurs études de type observation ont précédé les expériences et ont permis d'élaborer les hypothèses à tester.