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1.01 En général, la gestion globale des groupes ne pose aucun problème particulier. |
1.02 Il est relativement aisé de suivre simultanément les démarches de résolution des différents groupes. |
1.03 Le travail de groupe permet de mieux repérer les élèves en difficulté. |
1.04 Le travail de groupe permet de mieux soccuper des élèves en difficulté. |
1.05 Il est difficile de constituer des groupes délèves qui fonctionnent correctement. |
1.06 Après une séquence de travail de groupe, la fatigue de lenseignant est plus grande quaprès une séquence de travail individuel ou denseignement frontal. |
1.07 Il est difficile de travailler en groupes avec leffectif entier de la classe. |
1.08 Afin de réduire le nombre de groupes à gérer, une partie des élèves doit être engagée dans une activité différente de celle liée au travail de groupe. |
1.09 Les moments où lon est en demi-classe sont des moments privilégiés pour engager des activités de groupes. |
1.10 Le travail de groupe amène plus de problèmes de discipline que le travail individuel ou lenseignement frontal. |
1.11 Les activités de groupes proposées sont suffisamment explicites pour être, après lecture de lénoncé, effectuées par les élèves de manière autonome. |
1.12 La présence dun GNT permet de multiplier les occasions dengager la classe dans du travail de groupe. |
1.13 Il est plus facile de faire le bilan des acquisitions des élèves avec cette nouvelle méthodologie. |
1.14 Lorsquil y a des difficultés, il est plus facile de relancer des élèves qui travaillent en groupes que des élèves travaillant seuls. |
1.15 Souvent, les élèves qui ont le plus besoin dapprendre sont ceux qui désorganisent et ralentissent laction du groupe. |
1.16 Lautonomie insuffisante des élèves rend souvent difficile le travail de groupe. |
1.17 Dans une activité de groupes, les rythmes dapprentissage différents des élèves posent des problèmes de gestion quon ne rencontre pas dans les autres types denseignement. |
Huit items portent sur le rôle de lenseignant :
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2.01 Le travail de groupe place lenseignant dans un rôle différent du rôle traditionnel. |
2.02 Le rôle, joué par lenseignant lors dactivités faisant appel au travail de groupe, consiste à animer, observer et réguler les activités des élèves. |
2.03 Se conformer au rôle de lenseignant, tel quil est défini dans les commentaires didactiques, peut avoir des effets négatifs sur les élèves présentant des difficultés en mathématiques. |
2.04 Il est difficile de ne pas intervenir auprès des élèves qui tâtonnent trop longtemps dans une activité. |
2.05 Le rôle que confère le travail de groupe est plus facile à tenir que celui quimpliquait les anciennes méthodologies. |
2.06 Je me sens à laise dans le rôle tel quil est défini dans la méthodologie. |
2.07 Le travail de groupe attribue à lenseignant un rôle moins important que celui quil avait dans la méthodologie précédente. |
2.08 Le rôle de lenseignant, tel quil est défini dans la méthodologie, correspond tout à fait à limage que je me fais du métier denseignant. |
Seize items sintéressent à lefficacité de lapprentissage coopératif :
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3.01 Les notions mathématiques sont plus rapidement acquises avec les nouveaux moyens quavec les anciens. |
3.02 Dans les groupes, cest généralement lélève le plus doué qui trouve les solutions. |
3.03 Le travail de groupe contribue plus à développer des compétences sociales et de communication que des compétences en mathématiques. |
3.04 Une séquence dapprentissage en travail de groupe est tout aussi efficace, au niveau de lacquisition des notions mathématiques, quune séquence dapprentissage effectuée dune manière frontale. |
3.05 Sur le plan des apprentissages mathématiques, je fais confiance à cette méthodologie. |
3.06 Cest une bonne chose que les nouveaux moyens de mathématiques proposent des activités impliquant le travail de groupe. |
3.07 Les interactions entre élèves survenant en situation de travail de groupe permettent à ceux-ci daccéder aux apprentissages mathématiques visés. |
3.08 Les confrontations de points de vue entre les membres dun groupe sont souvent une perte de temps qui ne favorise pas les apprentissages. |
3.09 Le travail de groupe se justifie plus en mathématiques que dans dautres disciplines. |
3.10 Le travail de groupe ne convient pas à tous les élèves. |
3.11 Le travail de groupe augmente limplication des élèves dans la tâche, ce qui favorise lacquisition des notions mathématiques. |
3.12 Les compétences sociales des élèves de 1P ne sont généralement pas suffisamment développées pour effectuer du travail de groupe de manière efficace. |
3.13 Le travail de groupe profite plus aux bons élèves quaux élèves en difficulté. |
3.14 Jutilise le travail de groupe dans dautres disciplines que les mathématiques. |
3.15 Il arrive parfois que le temps exigé par le travail de groupe soit excessif par rapport aux objectifs visés. |
3.16 Le travail de groupe nest pas toujours compatible avec le respect des rythmes dapprentissage de chacun. |
Démarche de classification et dinstrumentation
La complexité de nos trois domaines dattitudes nous a conduits à définir précisément les dimensions pédagogiques que chacun dentre eux recouvre. Loin dêtre monolithiques, ces dimensions englobent à leur tour différents aspects de la vie de classe.
Notre démarche de classification qui passe, dans chaque domaine, par le regroupement des items en fonction des aspects quils évoquent (cf. Table de spécification, annexe 6), nous a donné les moyens de construire un instrument permettant de procéder à une analyse des différents plans et niveaux de notre objet détude. Nous pourrons donc distinguer lattitude globale des enseignants à propos des trois domaines de lapprentissage coopératif auxquels nous nous intéressons ainsi que larchitecture interne des réponses globales en mettant en évidence le rôle joué par chaque dimension.
Description des échelles dattitudes et des sous-échelles
Notre instrument se compose de trois échelles relatives aux domaines et dix sous-échelles concernant les dimensions qui leur sont liés.
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(G) |
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(R) |
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(A) |
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La dimension " autonomie " ne présentant quun seul item, nous nétablirons pas de sous-échelle.
Définition des dimensions qui structurent les trois domaines dattitude
Domaine 1 : la gestion de la classe
Pour la gestion de la classe, nous avons défini quatre dimensions :
| Les conditions-cadre |
Nous regroupons sous " conditions-cadre " les items qui évoquent les conditions denseignement ayant une influence sur la gestion de la classe tels que leffectif de la classe, la présence dun GNT, et les items qui témoignent des effets de ces conditions.
| Le suivi des élèves |
Les items de la dimension " suivi des élèves " mettent en évidence les contraintes internes de gestion liées à lencadrement des groupes tant sur un plan collectif quindividuel.
| Lautonomie |
Nous rassemblons sous " autonomie " les items qui se réfèrent aux compétences sociales des élèves ainsi quà ladéquation des activités liées aux moyens denseignement.
| Lorganisation |
Les énoncés rattachés à la dimension " organisation " concernent plus spécifiquement les contraintes de gestion générale relatives à la constitution et au fonctionnement des groupes.
Domaine 2 : le rôle de lenseignant
Pour le rôle de lenseignant, trois dimensions ont été appréhendées :
| Compréhension du rôle |
Les items intégrés à la dimension " compréhension " ont trait à lidentification du rôle de lenseignant tel quil est défini dans la méthodologie de mathématiques 1P.
| Acceptation du rôle |
Nous rassemblons sous " degré dacceptation " tous les items relatifs à ladhésion des enseignants à légard du rôle tel quil est défini dans les documents daccompagnement.
| Application du rôle |
La dimension intitulée " application du rôle" regroupe les énoncés sintéressant au regard que portent les enseignants sur les difficultés ou facilités dapplication du rôle.
Domaine 3 : lefficacité de lapprentissage coopératif
Nous distinguons quatre dimensions concernant lefficacité de lapprentissage coopératif :
| Le rendement |
Les items mis dans " rendement " ont trait à lefficacité de lapprentissage coopératif sur le plan de lacquisition des notions mathématiques pour lensemble des élèves.
| Les différences interindividuelles |
La dimension " différences interindividuelles " rassemble les items relevant les attitudes des enseignants sur la relation entre le travail de groupe et les caractéristiques individuelles des élèves.
| La légitimité |
Les énoncés incorporés dans la dimension " légitimité " témoignent de la confiance ou de la méfiance des enseignants à légard de lapprentissage coopératif.
| Lautonomie |
La dimension " autonomie " ne comporte quun seul item, celui portant sur les compétences sociales des élèves.
Vérification de ladéquation des outils en fonction des questions de recherche
Le présent chapitre vise à mettre en regard les différentes questions spécifiques de notre recherche avec les différents outils utilisés, en loccurrence, les trois échelles et les dix sous-échelles dattitude envisagées.
Question 1
Quelles sont les attitudes des enseignants concernant des problématiques relatives à lapprentissage coopératif, à savoir la gestion de la classe, le rôle de lenseignant et lefficacité dans les apprentissages ?
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Quelles sont les attitudes des enseignants concernant la gestion de la classe ? |
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G / SE G / A G / O |
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Quelles sont les attitudes des enseignants concernant le rôle de lenseignant ? |
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R / AC R /AP |
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Quelles sont les attitudes des enseignants concernant lefficacité de lapprentissage coopératif dans les apprentissages ? |
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A / I A / L |
Question 2
Existe-t-il des différences dattitudes en fonction des paramètres personnels et institutionnels des enseignants ?Plus particulièrement :
les attitudes vis-à-vis de l'apprentissage coopératif varient-elles en fonction de l'expérience professionnelle, de l'appartenance à un statut d'école officiel, de la disponibilité en poste de GNT, de la formation continue ou encore de la collaboration professionnelle ?
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Les attitudes vis-à-vis de l'apprentissage coopératif varient-elles en fonction de l'expérience professionnelle ? |
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Varient-elles en fonction de l'appartenance à un statut d'école officiel ? |
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Varient-elles en fonction de la disponibilité en poste de GNT ? |
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Varient-elles en fonction de la formation continue? |
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Varient-elles en fonction du type de coopération ? |
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Les questionnaires numérotés ont été lobjet dun dépouillement qui prévoyait lattribution dune valeur numérique pour chaque réponse selon un plan de codage (annexe 7).
Nous avons décidé que les valeurs numériques devaient indiquer le degré dadhésion des enseignants. Cependant, certains de nos items traduisant volontairement une opinion négative à légard de lapprentissage coopératif, il a été nécessaire dinverser la notation des modalités de réponses, pour rétablir le sens de leurs réponses.
Vérification de lhomogénéité interne des échelles et des sous-échelles
Les opérations danalyse prévues dans le cadre de cette étude impliquent que les items regroupés à lintérieur dune échelle ou dune sous-échelle présentent un degré satisfaisant dhomogénéité. Nous avons donc soumis nos instruments de mesure à une analyse de consistance interne. Pour ce faire, nous nous sommes référés aux coefficients alpha de Cronbach calculés au moyen du programme SPSS. Si idéalement, le coefficient alpha de nos instruments doit se situer dans une zone comprise entre 0.80 et 1, les échelles et sous-échelles ayant une valeur alpha se situant entre 0.60 et 0.80 demeurent satisfaisants.
Afin dobtenir des coefficients de consistance interne satisfaisants, nous avons procédé pour certaines échelles et sous-échelles dattitude à une redéfinition de leur contenu en écartant quelques items (2.01, 2.02, 2.07, 3.09 et 3.14).
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La gestion de la classe |
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Echelle |
La gestion de la classe |
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Sous-échelles |
Les conditions-cadre |
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Le suivi des élèves |
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Lautonomie |
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Lorganisation |
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Lhomogénéité interne des items indique que la constitution dune échelle dattitude globale et de quatre sous-échelles pour la gestion de la classe est pertinente.
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Le rôle de lenseignant |
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Echelle |
Le rôle de lenseignant (sans les items 2.01, 2.02 et 2.07) |
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La constitution de léchelle dattitude globale pour le rôle de lenseignant est possible daprès les coefficients calculés. En revanche, la création de sous-échelle ne se justifie pas en raison du nombre trop faible ditems et du manque dhomogénéité qui les caractérise.
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Lefficacité dans les apprentissages |
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Echelle |
Lefficacité dans les apprentissages (sans les items 3.09 et 3.14) |
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Sous-échelles |
Le rendement |
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Les dimensions interindividuelles |
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La légitimité |
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Les items présentent une homogénéité interne satisfaisante, ce qui nous permet de constituer une échelle dattitude globale et trois sous-échelles pour lefficacité de lapprentissage coopératif.
Les coefficients alpha de Cronbach observés pour nos trois échelles sont bons puisquils présentent des valeurs comprises entre 0.71 et 0.85. Nous constatons que les valeurs des sous-échelles, se situant entre 0.55 et 0.75, indiquent une consistance interne suffisante malgré le fait que quelques coefficients soient légèrement inférieurs à 0.60.
Nous avons donc pu établir des scores dattitude, pour chaque échelle et sous-échelle, en additionnant les valeurs obtenues par les items correspondants. Un score élevé traduira une attitude favorable, alors quun résultat faible témoignera dune attitude défavorable.
Les résultats de notre recherche peuvent se lire de manière autonome. Ils sont lobjet dune présentation en deux parties.
La première, met en évidence les attitudes de notre échantillon concernant certains domaines de lapprentissage coopératif. Nous intéressant successivement à la gestion de la classe, à lefficacité du travail de groupe et au rôle de lenseignant, nous présentons et commentons pour chacun de ces trois domaines, les attitudes relatives aux échelles et sous-échelles les concernant.
La seconde partie présentera les relations entre les attitudes observées et les cinq caractéristiques retenues pour notre analyse : la formation continue, le type de collaboration, le statut de lécole, lexpérience professionnelle et la présence dun(e) GNT. Dans un premier temps, nous signalerons les caractéristiques pour lesquelles aucune relation avec les attitudes de notre échantillon nest constatée. Ensuite, nous nous attacherons à celles qui présentent des différences de résultats significatives. En prenant appui sur des items particulièrement éloquents (différence supérieure ou égale à 10%), nous dégagerons, pour chaque domaine, sur quels plans se situent ces différences.
Léchelle consacrée à la gestion de la classe contient 17 items. Le score le plus bas, reflétant une attitude extrêmement négative à l'égard du domaine " gestion de classe ", est de 17 pts, alors que le plus élevé, indiquant une attitude résolument positive, peut se monter à 68 pts. En fonction de ces deux pôles, le point central, qui détermine une position " neutre ", est fixé à 42,5 pts (figure 3).
La distribution des résultats présente une claire asymétrie positive. Nous remarquons que la distribution des résultats est décalée vers la partie inférieure de l'échelle, les scores relevés auprès de 77% des répondants se situant en dessous du point central.
Ce constat démontre de manière évidente que les problématiques inhérentes à la gestion de classe génèrent une attitude négative auprès du corps enseignant. La prise en compte de la moyenne, soit 37 pts, renforce cette observation.
Signalons également que si plusieurs enseignants se distinguent par leur attitude extrêmement négative à légard de la gestion de la classe, aucun dentre eux ne se montre résolument positif à ce sujet. En effet, létude des valeurs extrêmes met en évidence que le score le plus bas se situe à deux points seulement de la valeur minimale possible, contrairement à la valeur maximale observée (54 pts) qui est assez éloignée du score maximal possible.
Sous-échelle : Conditions-cadre
Lobservation des données concernant la dimension " conditions-cadre " laisse apparaître une très forte asymétrie positive. Alors que le point central est de 12,5 pts, la moyenne obtenue sur cette sous-échelle est de 8,3 (annexe 9). La moyenne de léchantillon est donc très nettement décalée vers la partie inférieure de la sous-échelle, ce qui ne laisse planer aucune équivoque sur la position des enseignants, comme en témoignent les données figurant dans le tableau 10.
Il se dégage des résultats de notre échantillon, une tendance très forte à penser que lapprentissage coopératif implique un encadrement des élèves différent faisant appel à des pratiques pédagogiques largement tributaires des ressources en personnel à disposition.
Lintroduction de cette démarche dans la méthodologie semble placer les enseignants dans une situation délicate. En effet, une large majorité dentre eux affirme que cette approche génère un important surcroît de fatigue, imputable en grande partie à la difficulté de travailler en groupes avec leffectif entier de la classe. Par conséquent, les mesures visant à réduire les effectifs pour favoriser la gestion et le développement des activités de groupes sont perçues très favorablement. Si plus de huit enseignants sur dix considèrent quune partie des élèves doit être impliquée dans une tâche différente de celle liée au travail en groupes, ils sont plus nombreux encore à penser que lopportunité de travailler en demi-classe ou avec un GNT facilitera leur action pédagogique.
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1.06 |
Après une séquence de travail de groupe, la fatigue de lenseignant est plus grande quaprès une séquence de travail individuel ou denseignement frontal. |
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1.07 |
Il est difficile de travailler en groupes avec leffectif entier de la classe. |
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1.08 |
Afin de réduire le nombre de groupes à gérer, une partie des élèves doit être engagée dans une activité différente de celle liée au travail de groupe. |
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1.09 |
Les moments où lon est en demi-classe sont des moments privilégiés pour engager des activités de groupes. |
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1.12 |
La présence dun GNT permet de multiplier les occasions dengager la classe dans du travail de groupe. |
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Sous-échelle : Suivi des élèves
La sous-échelle relative au " suivi des élèves " présente une moyenne de 15,6, alors que le point central est fixé à 15 pts (annexe 9). La valeur relativement " neutre " de notre moyenne tient au fait que les opinions, loin dêtre indécises, sont fortement contrastées dun item à lautre.
Lapprentissage en groupes présenterait au moins trois atouts évidents : il permettrait de mieux repérer les élèves en difficulté, de mieux sen occuper et de les replonger plus aisément dans lactivité en cours. Autre constat, intéressant et rassurant pour les praticiens qui nont pas encore expérimenté cette démarche, le travail de groupe ne semblerait pas introduire de nouveaux problèmes de gestion liés aux rythmes dapprentissage différents des élèves.
Si lorganisation du travail en groupes paraît favoriser le suivi des élèves en difficulté, répondant en cela à une des préoccupations pédagogiques actuelles, les résultats relatifs aux autres items démontrent que cette méthode ne présente pas que des avantages.
Tout dabord, lidée selon laquelle il est relativement aisé de suivre simultanément les démarches de résolution des différents groupes est rejetée par plus de 80% de notre échantillon. Ensuite, et lon voit peut être en cela une conséquence de laffirmation précédente, le travail de groupe ne facilite pas le bilan des acquisitions de chaque élève.
Il en résulte que le courant favorable, qui semblait se dessiner dans un premier temps, débouche finalement sur une attitude globalement mitigée à légard de la dimension " suivi des élèves ".
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1.02 |
Il est relativement aisé de suivre simultanément les démarches de résolution des différents groupes. |
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1.03 |
Le travail de groupe permet de mieux repérer les élèves en difficulté. |
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1.04 |
Le travail de groupe permet de mieux soccuper des élèves en difficulté. |
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1.13 |
Il est plus facile de faire le bilan des acquisitions des élèves avec cette nouvelle méthodologie. |
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1.14 |
Lorsquil y a des difficultés, il est plus facile de relancer des élèves qui travaillent en groupes que des élèves travaillant seuls. |
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1.17 |
Dans une activité de groupes, les rythmes dapprentissage différents des élèves posent des problèmes de gestion quon ne rencontre pas dans les autres types denseignement. |
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Alors que le point central est à 7,5 (annexe 9), nous observons que la distribution des résultats est caractérisée par une asymétrie positive assez importante et que la moyenne est de 6 pts. Ces données démontrent de façon éloquente que le manque dautonomie des élèves, sur les différents plans analysés, pose de sérieux problèmes de gestion aux enseignants. Partant du principe que lautonomie serait une compétence requise par le travail en groupes, ce constat est préoccupant. Il pourrait déboucher, à terme, non seulement sur une remise en question du matériel didactique proposé, mais également de ce mode dorganisation en tant que moyen dapprentissage.
Cette réflexion sappuie sur le fait que, pour lensemble de ces items, seul un enseignant sur quatre considère que lautonomie est suffisamment développée chez les élèves pour garantir le bon fonctionnement des groupes.
Etonnamment, et ce en dépit des diverses phases dexpérimentation de la méthodologie, une des sources de difficulté semble provenir des moyens didactiques eux-mêmes : près de sept personnes sur dix saccordent pour déclarer que les activités ne peuvent être réalisées sans l'aide préalable de l'enseignant.
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1.11 |
Les activités de groupes proposées sont suffisamment explicites pour être, après lecture de lénoncé, effectuées par les élèves de manière autonome. |
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1.15 |
Souvent, les élèves qui ont le plus besoin dapprendre sont ceux qui désorganisent et ralentissent laction du groupe. |
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1.16 |
Lautonomie insuffisante des élèves rend souvent difficile le travail de groupe. |
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Par ailleurs, il apparaît que l'hétérogénéité des compétences interindividuelles qui caractérise les élèves d'une classe peut jouer un rôle préjudiciable à la bonne dynamique des groupes. A ce sujet, soulignons que 75% des enseignants considèrent que les éléments les moins avancés d'une classe désorganisent et ralentissent l'action des groupes. Enfin, 79% dentre eux partagent l'idée selon laquelle les séquences d'apprentissage en groupes de travail souffrent fortement d'un manque général d'autonomie de l'ensemble des élèves.
La lecture des résultats met en évidence que lorganisation des séquences didactiques en groupes dapprentissage influe de façon négative sur certains paramètres pédagogiques, ce qui explique que nous obtenons une moyenne de 7,1 pts, inférieure au point central de léchelle (7,5) (annexe 9).
Le fait que les trois propositions débouchent sur un bilan légèrement défavorable, témoigne bien que cette approche didactique fait émerger de nouvelles difficultés, et ce, quels que soient les plans considérés. En effet, les enseignants pensent que le travail de groupe pose des problèmes particuliers de gestion. Cela sexprime notamment par le fait quils sont six sur dix à considérer que cette méthode de travail amène plus de problèmes de discipline quun autre mode dorganisation. Nous pouvions donc supposer que cette attitude conduise une majorité denseignants à trouver difficile de constituer des groupes délèves qui fonctionnent correctement. Etonnement, nous constatons que leur avis est très partagé, pourcentages daccord et désaccord étant assez équitablement répartis.
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1.01 |
En général, la gestion globale des groupes ne pose aucun problème particulier. |
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1.05 |
Il est difficile de constituer des groupes délèves qui fonctionnent correctement. |
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1.10 |
Le travail de groupe amène plus de problèmes de discipline que le travail individuel ou lenseignement frontal. |
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Lefficacité de lapprentissage coopératif
Léchelle globale " lefficacité de lapprentissage coopératif " ne contient plus que 14 propositions, deux dentre elles ayant dû être écartées suite aux mesures de consistance interne. Par conséquent, le score minimum possible peut être de 14 pts, et le plus élevé de 56 pts. Déterminé par ces deux valeurs extrêmes, le point central se positionne à 35 pts.
La moyenne (38,6 pts), bien distincte du point central, est nettement décalée dans la partie supérieure de léchelle, où figure également 73% des scores individuels. Ces données nous permettent de penser que lattitude de notre échantillon, à légard de lefficacité de lapprentissage coopératif, est sensiblement positive.
Une analyse plus pointue met en évidence que le degré dacceptation des propositions, par les enseignants, est assez net. Non seulement la valeur maximale observée, à savoir 52 pts, est toute proche de la valeur maximum possible - contrairement à la valeur minimale (21 pts) -, mais surtout ils sont plus de 37% à obtenir une moyenne supérieure à 42 pts.
Sous-échelle : Rendement
Létude des résultats de cette sous-échelle permet de dégager un courant favorable à l'utilisation du travail de groupe, comme en témoigne dailleurs la moyenne qui est de 11,3, alors que le point central est fixé à 10 pts (annexe 9). Il semblerait donc, que notre échantillon, au vu de son expérience, considère que cette démarche favorise les apprentissages.
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3.01 |
Les notions mathématiques sont plus rapidement acquises avec les nouveaux moyens quavec les anciens. |
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3.08 |
Les confrontations de points de vue entre les membres dun groupe sont souvent une perte de temps qui ne favorise pas les apprentissages. |
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3.11 |
Le travail de groupe augmente limplication des élèves dans la tâche, ce qui favorise lacquisition des notions mathématiques. |
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3.15 |
Il arrive parfois que le temps exigé par le travail de groupe soit excessif par rapport aux objectifs visés. |
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Deux propositions concernant le rendement se distinguent par des tendances très significatives, soit un accord ou un désaccord de plus de 70%. Leurs résultats mettent en évidence deux choses : dune part, plus de neuf enseignants sur dix considèrent que la confrontation des points de vue entre élèves nest pas une perte de temps, dautre part, une forte majorité d'enseignants est convaincue quune structure coopérative permet d'obtenir un rendement de travail des élèves supérieur à des modalités de fonctionnement différentes (3.11).
Malgré ce bilan flatteur, nous pouvons supposer que notre échantillon se montrerait réticent à une application systématique du travail de groupe, puisque nous observons que plus de 60% des répondants adhèrent à lidée que le temps requis par cette structure de travail peut s'avérer excessif lors de certains apprentissages.
Enfin, relevons encore que litem évoquant une plus grande rapidité dacquisition des notions mathématiques grâce à cette méthode fournit des résultats nindiquant aucune tendance manifeste dacceptation ou de rejet. Lutilisation quasi exclusive des deux modalités de réponses intermédiaires (PD / AA), illustre bien la difficulté quils ont eue à se prononcer dune manière catégorique. Nous faisons ici lhypothèse que cette attitude est la conséquence dun manque de recul par rapport à ce sujet, mais également de la difficulté à effectuer le bilan de chaque élève comme nous lavons vu précédemment. Au demeurant, cette analyse semble confirmée par le fait que 24 enseignants sur 143 se sont abstenus de répondre à cet item.
Sous-échelle : Différences interindividuelles
Nettement inférieure au point central (10 pts), la moyenne de cette sous-échelle (8,9 pts) reflète une attitude sensiblement négative à légard de la dimension " différences interindividuelles " (annexe 9).
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3.02 |
Dans les groupes, cest généralement lélève le plus doué qui trouve les solutions. |
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3.10 |
Le travail de groupe ne convient pas à tous les élèves. |
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3.13 |
Le travail de groupe profite plus aux bons élèves quaux élèves en difficulté. |
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3.16 |
Le travail de groupe nest pas toujours compatible avec le respect des rythmes dapprentissage de chacun. |
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Il nous paraît intéressant de souligner que les deux premiers items affichent, contrairement aux deux autres, des résultats particulièrement significatifs et quils déterminent lorientation générale de lensemble de la sous-échelle.
Ainsi, nous observons que près de huit enseignants sur dix prétendent que cest le membre le plus doué du groupe qui trouve généralement les solutions (79%) et que ce mode de travail ne convient pas à l'ensemble des élèves (75%).
Par ailleurs, le caractère indécis des résultats relatifs aux deux derniers items, trahit à notre sens, un certain scepticisme des enseignants à légard de laffirmation stipulant que le travail de groupe est une mesure qui permet de tenir compte des différences interindividuelles. En effet, sils font preuve dune excellente cohésion jusque-là, celle-ci, en revanche, s'érode fortement lorsqu'ils se prononcent sur l'idée que les profits du travail en groupes sont plus évidents pour les bons élèves ou encore sur le fait que le fonctionnement d'une structure collective perturbe les rythmes d'apprentissages spécifiques.
La distribution de la sous-échelle est caractérisée ici par une forte asymétrie négative qui indique, tout comme la moyenne de 15,7, alors que le point central est de 12,5 pts, une tendance claire dacceptation (annexe 9).
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3.03 |
Le travail de groupe contribue plus à développer des compétences sociales et de communication que des compétences en mathématiques. |
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3.04 |
Une séquence dapprentissage en travail de groupe est tout aussi efficace, au niveau de lacquisition des notions mathématiques, quune séquence dapprentissage effectuée dune manière frontale. |
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3.05 |
Sur le plan des apprentissages mathématiques, je fais confiance à cette méthodologie. |
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3.06 |
Cest une bonne chose que les nouveaux moyens de mathématiques proposent des activités impliquant le travail de groupe. |
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3.07 |
Les interactions entre élèves survenant en situation de travail de groupe permettent à ceux-ci daccéder aux apprentissages mathématiques visés. |
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Les données recueillies sur lensemble des items font rejaillir un sentiment très positif à l'égard de lapprentissage coopératif. Cette analyse s'appuie sur le fait que les enseignants adhèrent fortement à lidée que lintroduction de cette méthode est une bonne chose. En affirmant quune séquence dapprentissage en groupes de travail est tout aussi efficace quune séquence menée frontalement et que les interactions entre élèves leur permettent daccéder aux apprentissages mathématiques visés, ils démontrent que lapproche coopérative bénéficie dune crédibilité évidente. Fait intéressant, qui témoigne de la cohérence de notre échantillon, nous relevons que cette perception positive des effets du travail de groupe à légard des apprentissages conduit deux enseignants sur trois à rejeter lidée que cette démarche participe plus au développement dhabiletés sociales quà lacquisition de compétences mathématiques.
Signalons pour conclure, que cette reconnaissance de la valeur didactique par les praticiens, qui ne peut manquer de rassurer les promoteurs de la nouvelle méthodologie, est confirmée avec force par des taux de désaccord total (TD) extrêmement faibles à légard des quatre derniers items de cette sous-échelle.
Des huit propositions intégrées au domaine " rôle de lenseignant ", seules cinq manifestaient des corrélations suffisamment fortes pour élaborer une échelle globale. Le retrait de l'échelle des items " perturbateurs " fait que cette dernière a pour limites inférieure et supérieure respectivement 5 pts et 20 pts et que son point central se situe à 12,5.
Bien que la majorité de notre échantillon, à linstar de la moyenne, sétablisse dans la partie supérieure de léchelle, nous pensons que ces données ne nous autorisent pas à dégager une tendance positive. Un examen plus précis des résultats nous amène à considérer que notre échantillon exprime une attitude plutôt partagée à ce sujet.
Nous observons, dune part, que la moyenne ne se distingue que très peu du point central (12,6 pts), dautre part, que la distribution se répartit presque équitablement de chaque côté de celui-ci (55% - 45%). Enfin, relevons encore que 70% des enseignants présentent des scores proches du point central, soit dans un intervalle de 10 pts - 15 pts.
D'une manière générale, le rôle tel quil est défini dans la méthodologie, même sil nest pas facile à tenir, convient bien aux enseignants : plus de 75% dentre eux déclarent quil correspond à limage quils se font du métier et quils sy sentent à laise.
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2.03 |
Se conformer au rôle de lenseignant, tel quil est défini dans les commentaires didactiques, peut avoir des effets négatifs sur les élèves présentant des difficultés en mathématiques. |
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2.04 |
Il est difficile de ne pas intervenir auprès des élèves qui tâtonnent trop longtemps dans une activité. |
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2.05 |
Le rôle que confère le travail de groupe est plus facile à tenir que celui quimpliquait les anciennes méthodologies. |
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2.06 |
Je me sens à laise dans le rôle tel quil est défini dans la méthodologie. |
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2.08 |
Le rôle de lenseignant, tel quil est défini dans la méthodologie, correspond tout à fait à limage que je me fais du métier denseignant. |
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Si leur discours laisse transparaître un véritable phénomène d'appropriation, il révèle également qu'ils ont encore quelque peine à se retrouver pleinement dans les nouvelles orientations didactiques et méthodologiques. A cet égard, il nous semble particulièrement éloquent de signaler quun enseignant sur trois considère qu'un strict respect du rôle peut s'avérer négatif pour les élèves présentant des difficultés en mathématiques et que neuf sur dix font part de leur difficulté à ne pas intervenir dans les démarches de résolution.
Effet des caractéristiques personnelles et institutionnelles sur les attitudes
Pour déterminer la présence de différences entre les attitudes observées et les caractéristiques retenues, nous avons utilisé, et ce pour chacune des échelles et sous-échelle, la méthode de lanalyse de la variance. Parallèlement à ce procédé, nous avons tenu compte dun indice de probabilité. On admet que lorsque cet indice est inférieur à p=.05, les valeurs obtenues sont statistiquement significatives et peuvent donc être généralisables. Enfin, nos échelles et sous-échelles contenant un nombre différent ditems, il nous était difficile de pouvoir apprécier leur variabilité et détablir des comparaisons. Aussi, afin de pouvoir les analyser sur la base dun dénominateur commun, il nous a été nécessaire de construire un indice, appelé indice dimportance. Ce dernier étant le produit du rapport entre la différence des moyennes et le point central.
Les résultats des caractéristiques " formation continue ", " type de collaboration " et " présence dun(e) GNT ", nindiquent aucune différence dattitude significative (annexe 11). En effet, toutes les échelles et sous-échelles relatives à ces variables présentent des valeurs proches, voire identiques, témoignant que le fait de participer à des cours de formation continue, de collaborer avec des collègues ou encore de disposer dun(e) GNT, nest pas en relation avec les attitudes.
Concernant la caractéristique " expérience professionnelle ", seule léchelle " efficacité de lapprentissage coopératif " et deux de ses sous-échelles, à savoir " différences interindividuelles " et " rendement ", présentent des différences significatives. Lampleur de ces différences étant peu marquée, nous avons pris le parti de ne pas traiter les données relatives à cette caractéristique.
Des cinq variables qui nous préoccupent, nous remarquons que seule celle relative au " statut de lécole " donne lieu à des différences de résultats claires et systématiques que nous allons présenter et commenter dans les pages qui suivent.
Comme le montre le tableau ci-après, les enseignants fonctionnant dans une école en innovation ou réflexion (I/R) affichent des attitudes significativement différentes de celles de leurs collègues travaillant dans des établissements hors rénovation (H/IR).
Des variations de scores significatives peuvent être observées dans les domaines de la gestion de la classe, de lefficacité de lapprentissage coopératif et du rôle de lenseignant. Ce dernier domaine, à linstar de la sous-échelle " autonomie des élèves ", obtient des indices de probabilité à la limite du seuil acceptable (valeurs soulignées), sera lui aussi analysé avec toute la réserve que cette situation demande.
La gestion de la classe constitue le domaine qui présente la plus forte différence dattitude entre les enseignants appartenant aux écoles en innovation/réflexion (I/R) et ceux fonctionnant dans des écoles nayant pas ce statut (H/IR). Les résultats nous montrent que les enseignants I/R ont une attitude moins négative par rapport à la gestion de la classe que le second groupe.
Cette tendance sexplique principalement par la prise en compte des données relatives aux dimensions " conditions-cadre ", " suivi des élèves ", " organisation " et, dans une moindre mesure, à l" autonomie ".
Sous-échelle : Conditions-cadre
A la lecture du tableau ci-dessous nous constatons que trois items distinguent nettement les enseignants I/R des autres. Il sagit des propositions ayant trait à la difficulté de travailler avec leffectif entier de la classe et au surcroît de fatigue engendré par une séquence de travail en groupes. En obtenant des taux daccord moindres, les enseignants I/R affichent une moins grande dépendance vis-à-vis des conditions-cadre pour la gestion du travail de groupe.
Pourcentages des enseignants I/R ou H/IR en accord avec les affirmations touchant les conditions-cadre
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1.07 |
Il est difficile de travailler en groupes avec leffectif entier de la classe. |
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1.08 |
Afin de réduire le nombre de groupes à gérer, une partie des élèves doit être engagée dans une activité différente de celle liée au travail de groupe. |
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1.06 |
Après une séquence de travail de groupe, la fatigue de lenseignant est plus grande quaprès une séquence de travail individuel ou denseignement frontal. |
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1.09 |
Les moments où lon est en demi-classe sont des moments privilégiés pour engager des activités de groupes. |
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1.12 |
La présence dun GNT permet de multiplier les occasions dengager la classe dans du travail de groupe. |
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Le développement de lapprentissage coopératif, comme nous lavons vu dans la première partie de nos résultats, passe pour lensemble des enseignants par des adaptations sensibles de la structure de travail traditionnelle. A cet égard, des attentes très fortes se manifestent en matière de réduction deffectifs ou dapport de personnel supplémentaire. A lanalyse du tableau 19, il semblerait que lintensité de ces besoins et la fatigue que cette approche génère soient moindres chez les enseignants I/R. Ce bénéfice pouvant provenir de compétences en matière de gestion des groupes et/ou de la mise en place de structures particulières dans les écoles innovantes.
Sous-échelle : Organisation
Se fondant sur les interactions et impliquant une décentralisation des ressources didactiques et pédagogiques à la disposition des élèves, le travail de groupe génère, par rapport à dautres modalités de travail, un surcroît de bruit et de déplacements dans la classe que doivent gérer tous les enseignants qui se risquent à cette approche.
Bien que les résultats du tableau 20 fassent part de leurs difficultés, les enseignants I/R disent rencontrer moins de problèmes dorganisation générale lors des activités de groupes que leurs collègues H/IR. Moins nombreux à penser que la discipline et que la gestion des groupes posent des problèmes particuliers, leur discours révèle un plus grand sentiment de maîtrise sur ces aspects.
Pourcentages des enseignants I/R ou H/IR en accord avec les affirmations touchant lorganisation générale
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1.10 |
Le travail de groupe amène plus de problèmes de discipline que le travail individuel ou lenseignement frontal. |
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1.01 |
En général, la gestion globale des groupes ne pose aucun problème particulier. |
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1.05 |
Il est difficile de constituer des groupes délèves qui fonctionnent correctement. |
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Fait intéressant à souligner, alors que les enseignants H/IR affirment éprouver beaucoup plus de problèmes de discipline que les I/R, nous constatons quils ne rencontrent pas beaucoup plus de difficulté que leurs collègues à constituer des groupes délèves qui fonctionnent correctement. Ce discours nous paraît étonnant dans la mesure où lon sait que lindiscipline des élèves est un facteur agissant sur le rendement des groupes. Il trahit donc à notre sens, non moins un réel problème de gestion du comportement des élèves, quune acceptation différente des dynamiques engendrées par le travail de groupe.
Sous-échelle : Suivi des élèves
Le discours pédagogique sefforce de rendre attentif le corps enseignant à lhétérogénéité des compétences et des savoirs qui caractérise les groupes délèves dont ils doivent gérer la progression. Par ailleurs, la didactique des mathématiques ayant mis en évidence tout lintérêt à connaître les démarches de résolution de problèmes élaborés par les élèves, la question de leur suivi se pose avec une acuité certaine.
Si la proportion denseignants I/R est similaire à celle des H/IR pour déclarer quil nest aisé de suivre simultanément les démarches de résolution des différents groupes, le tableau ci-dessous laisse apparaître de nettes différences dappréciations sur lensemble des items, qui dévoilent une attitude plus favorable de la part des enseignants I/R sur cet aspect de la gestion de la classe.
De fait, les enseignants I/R se montrent plus positifs, puisquils pensent avoir plus de facilité à gérer les rythmes dapprentissage de chaque élève, à faire le bilan de leurs acquisitions ou encore à les relancer lorsquils travaillent en groupes. Précisons enfin que lensemble de ces items se caractérise également par une variabilité assez importante.
Pourcentages des enseignants I/R ou H/IR en accord avec les affirmations touchant le suivi des élèves
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1.04 |
Le travail de groupe permet de mieux soccuper des élèves en difficulté. |
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1.17 |
Dans une activité de groupes, les rythmes dapprentissage différents des élèves posent des problèmes de gestion quon ne rencontre pas dans les autres types denseignement. |
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1.13 |
Il est plus facile de faire le bilan des acquisitions des élèves avec cette nouvelle méthodologie. |
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1.14 |
Lorsquil y a des difficultés, il est plus facile de relancer des élèves qui travaillent en groupes que des élèves travaillant seuls. |
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1.03 |
Le travail de groupe permet de mieux repérer les élèves en difficulté. |
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1.02 |
Il est relativement aisé de suivre simultanément les démarches de résolution des différents groupes. |
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Relevons, par exemple, que plus de 80% des enseignants I/R adhèrent à lidée que le travail de groupe permet de mieux soccuper des élèves en difficulté, tandis quils ne sont que 58% des enseignants H/IR à partager cet avis. Par conséquent, loin de voir dans cette organisation de lapprentissage et de lenseignement un obstacle au suivi des élèves, les enseignants I/R, plus que les H/IR, laissent supposer quils la considèrent au contraire comme une approche le favorisant.
Sous-échelle : Autonomie
L " autonomie " est la seule dimension liée à la gestion de la classe qui atténue limportance de la différence dattitude observée : les moyennes des deux catégories denseignants, affichant une différence de seulement 0.5 pts, nous considérons quil ny a pas là de différence importante. De plus, lindice de probabilité (p= .103) nous amène à affirmer que ce résultat nest pas statistiquement significatif.
Pourtant, un point mérite dêtre signalé : la différence observée à litem 1.11 pour lequel 45% des enseignants I/R contre 25% denseignants H/IR estiment que les activités de groupes proposées sont suffisamment explicites pour être réalisées par les élèves de manière autonome. Nous percevons donc, au travers des scores de cet item, une meilleure opinion de la part des enseignants I/R que des enseignants H/IR sur la conception didactique des activités de groupes mises à disposition.
Pourcentages des enseignants I/R ou H/IR en accord avec les affirmations touchant lautonomie
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1.11 |
Les activités de groupes proposées sont suffisamment explicites pour être, après lecture de lénoncé, effectuées par les élèves de manière autonome. |
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1.15 |
Souvent, les élèves qui ont le plus besoin dapprendre sont ceux qui désorganisent et ralentissent laction du groupe. |
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1.16 |
Lautonomie insuffisante des élèves rend souvent difficile le travail de groupe. |
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Lefficacité de lapprentissage coopératif
Le domaine " efficacité de lapprentissage coopératif " présente également une forte variabilité dattitude. La moyenne des scores des enseignants en innovation/réflexion atteint 41,1 pts, tandis que celle de lautre groupe se monte à 37,7 pts. Nous pouvons donc en déduire que les enseignants I/R adhèrent plus fortement à lidée que le travail coopératif est efficace en ce qui concerne lapprentissage des notions mathématiques.
Sous-échelle : Différences interindividuelles
Il est intéressant de remarquer que la dimension " différences interindividuelles" participe fortement à la différence dattitude entre nos deux catégories denseignants, et quelle présente les plus grandes variabilités de résultats. En effet, les quatre items de cette dimension montrent des différences significatives mettant en avant le fait que les enseignants I/R montrent un moins grand accord avec lensemble des affirmations contenues dans cette sous-échelle.
Lun des nombreux défis de la pédagogie actuelle se rapporte à la gestion des rythmes et des niveaux dacquisition différents des élèves, induisant de la sorte la mise en place dans les classes de dispositifs permettant de prendre en considération ces différences interindividuelles. A cet égard, plusieurs démarches peuvent être observées dans les écoles, comme ladaptation qualitative et quantitative des contenus denseignement (plan dactivité personnalisé), laménagement du temps de travail ou encore les mesures dappui pédagogique.
Nous constatons, au vu des résultats du tableau 23, que les enseignants H/IR sont plus nombreux que les enseignants I/R à infirmer lidée que le travail de groupe constitue une stratégie denseignement permettant de tenir compte des différences interindividuelles. Nous pouvons même supposer que beaucoup de ces enseignants ont tendance à penser que ce mode organisationnel accentue ces différences et quil ne sinscrit pas dans la liste des dispositifs permettant de les prendre en considération.
Pourcentages des enseignants I/R ou H/IR en accord avec les affirmations touchant les différences interindividuelles
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3.16 |
Le travail de groupe nest pas toujours compatible avec le respect des rythmes dapprentissage de chacun. |
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3.13 |
Le travail de groupe profite plus aux bons élèves quaux élèves en difficulté. |
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3.02 |
Dans les groupes, cest généralement lélève le plus doué qui trouve les solutions. |
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3.10 |
Le travail de groupe ne convient pas à tous les élèves. |
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En effet, en estimant à près de 50% que lapprentissage en groupes profite plus aux bons élèves, ils expriment leur crainte de voir cette méthode accroître les écarts entre les bons élèves et ceux en difficulté. Idée confortée par le fait quils sont 60% à soutenir quelle nest pas toujours compatible avec le respect des rythmes dapprentissage de chacun, alors que les enseignants I/R ne sont que 36% à le prétendre.
Dans le contexte institutionnel actuel, où la réflexion pédagogique se préoccupe justement du sort des élèves en difficulté, le scepticisme des enseignants H/IR, à légard dune méthode sensée pourtant tenir compte des différences interindividuelles, nous paraît constituer un obstacle à son utilisation en classe.
Sous-échelle : Légitimité
La dimension " légitimité ", quant à elle, modère limportance de la grande variabilité dattitude observée pour le domaine " efficacité de lapprentissage coopératif ".
Ainsi, tant les enseignants I/R que les H/IR estiment que lapparition dactivités faisant appel au travail de groupe est une bonne chose. Ils ont également un discours proche en ce qui concerne lefficacité des interactions entre pairs et laffirmation qui prétend quune séquence dapprentissage coopératif savère tout aussi efficace quune leçon effectuée de manière frontale.
Pourcentages des enseignants I/R ou H/IR en accord avec les affirmations touchant la légitimité
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3.03 |
Le travail de groupe contribue plus à développer des compétences sociales et de communication que des compétences en mathématiques. |
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3.05 |
Sur le plan des apprentissages mathématiques, je fais confiance à cette méthodologie. |
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3.07 |
Les interactions entre élèves survenant en situation de travail de groupe permettent à ceux-ci daccéder aux apprentissages mathématiques visés. |
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3.06 |
Cest une bonne chose que les nouveaux moyens de mathématiques proposent des activités impliquant le travail de groupe. |
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3.04 |
Une séquence dapprentissage en travail de groupe est tout aussi efficace, au niveau de lacquisition des notions mathématiques, quune séquence dapprentissage effectuée dune manière frontale. |
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Pourtant, malgré ces positions communes, les enseignants I/R font preuve dune plus grande confiance à légard de la nouvelle méthodologie. Il semble quils accordent au travail de groupe une plus grande valeur didactique, car ils sont moins nombreux à penser quil participe plus au développement de compétences sociales quà lacquisition de savoirs mathématiques.
La lecture du tableau ci-dessus permet dobserver que le statut de lécole est un facteur qui ne modifie que très peu les représentations sur la légitimité de lapprentissage coopératif. Ce constat nous semble intéressant à relever, dans la mesure où lon pouvait supposer que la perception des enseignants H/IR sur la légitimité de cette approche serait significativement différente de celle de leurs collègues. En effet, pour beaucoup dentre eux lexpérience de cette approche est liée à son introduction toute récente dans les nouveaux moyens de mathématiques, ce qui nest probablement pas le cas pour les enseignants travaillant dans les écoles I/R, puisque cette stratégie pédagogique est préconisée dans le document dorientation de la rénovation paru en 1995.
Sous-échelle : Rendement
La reconnaissance plus forte de lefficacité de lapprentissage coopératif par les enseignants I/R, sexplique aussi par les différences de résultats significatives observées dans la dimension " rendement ", quand bien même nous pouvons remarquer une très forte convergence dopinion à légard de certains items.
Pourcentages des enseignants I/R ou H/IR en accord avec les affirmations touchant le rendement
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3.15 |
Il arrive parfois que le temps exigé par le travail de groupe soit excessif par rapport aux objectifs visés. |
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3.01 |
Les notions mathématiques sont plus rapidement acquises avec les nouveaux moyens quavec les anciens. |
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3.11 |
Le travail de groupe augmente limplication des élèves dans la tâche, ce qui favorise lacquisition des notions mathématiques. |
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3.08 |
Les confrontations de points de vue entre les membres dun groupe sont souvent une perte de temps qui ne favorise pas les apprentissages. |
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Par exemple, les enseignants se retrouvent dans les propositions stipulant que le travail en groupes augmente limplication des élèves dans la tâche et que les confrontations de points de vue sont importantes, même si, pour ce dernier item, lanalyse des différentes modalités daccord et de désaccord met en évidence une acceptation plus nette des enseignants I/R.
Cette distinction entre nos deux catégories denseignants se manifeste également de façon plus claire au travers de la lecture des résultats des deux premiers items de cette dimension. En étant moins nombreux à déclarer que le temps exigé par le travail en groupes peut être excessif et en exprimant un accord plus soutenu à lidée que les notions mathématiques sont plus rapidement acquises, les enseignants I/R semblent plus convaincus quant à son rendement.
Lindice de probabilité (p= .056) du domaine " rôle de lenseignant" ne nous autorise pas à nous baser exclusivement sur les moyennes de léchelle pour faire part dattitudes spécifiques à nos deux catégories denseignants. Par conséquent, nous nous contenterons de commenter les quelques items produisant des différences significatives.
Nous observons que la redéfinition du rôle de lenseignant convient mieux aux enseignants I/R (89%) quà leurs collègues H/IR (75%), en raison dune plus forte adhésion et dune mise en pratique plus aisée.
Pourcentages des enseignants I/R ou H/IR en accord avec les affirmations touchant le rôle de lenseignant
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2.04 |
Il est difficile de ne pas intervenir auprès des élèves qui tâtonnent trop longtemps dans une activité. |
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2.03 |
Se conformer au rôle de lenseignant, tel quil est défini dans les commentaires didactiques, peut avoir des effets négatifs sur les élèves présentant des difficultés en mathématiques. |
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2.08 |
Le rôle de lenseignant, tel quil est défini dans la méthodologie, correspond tout à fait à limage que je me fais du métier denseignant. |
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2.07 |
Le travail de groupe attribue à lenseignant un rôle moins important que celui quil avait dans la méthodologie précédente. |
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2.05 |
Le rôle que confère le travail de groupe est plus facile à tenir que celui quimpliquait les anciennes méthodologies. |
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2.01 |
Le travail de groupe place lenseignant dans un rôle différent du rôle traditionnel. |
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2.06 |
Je me sens à laise dans le rôle tel quil est défini dans la méthodologie. |
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2.02 |
Le rôle, joué par lenseignant lors dactivités faisant appel au travail de groupe, consiste à animer, observer et réguler les activités des élèves. |
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Cest donc logiquement que les enseignants I/R rejettent plus catégoriquement lidée que ce rôle puisse avoir des effets négatifs sur les élèves présentant des difficultés en mathématiques et quils sont moins nombreux à considérer quil est difficile de ne pas intervenir auprès des élèves qui tâtonnent trop longtemps dans une activité.
Si lon considère les trois domaines sur lesquels portaient notre étude, les résultats mettent en évidence une attitude claire et nette dacceptation ou de rejet concernant " lefficacité de lapprentissage coopératif " et la " gestion de la classe ". Le domaine inhérent au " rôle de lenseignant " fournit, pour sa part, des résultats moins tranchés qui nindiquent, malgré les données chiffrées très légèrement positives, aucune tendance significative.
Lattitude des enseignants de 1ère primaire est significativement négative à propos de la " gestion de la classe ". Leur discours démontre à lévidence que lintroduction d'activités de groupes, en dépit de ses avantages, ne se fait pas sans leur poser de sérieux problèmes. Sils pensent que la répartition des élèves en groupes d'apprentissage a le mérite de favoriser le repérage et le suivi des élèves les moins avancés, cette approche complexifie néanmoins leur tâche en matière de supervision de lactivité de lensemble des élèves et dévaluation des acquisitions de chacun. Du reste, la mise en pratique du travail de groupe semble dautant plus difficile que bon nombre denseignants indiquent un mauvais fonctionnement des groupes et regrettent le manque évident d'autonomie des élèves. Ces considérations nous permettent de mieux comprendre la fatigue dont ils font état, fatigue qui les pousse à se montrer largement favorables à un réaménagement de l'effectif de classe et de l'encadrement pédagogique.
Les résultats inhérents à " lefficacité de lapprentissage coopératif " dévoilent une attitude sensiblement favorable de la part du corps enseignant. En reconnaissant que le travail de groupe permet aux élèves daccéder aux apprentissages mathématiques visés par des confrontations de points de vue et une plus grande implication dans la tâche, les enseignants lui confèrent une légitimité et une valeur didactique certaines. Toutefois, cette reconnaissance ne les empêche pas de se montrer critiques et d'émettre quelques réserves. Ils sentendent, en effet, pour souligner que cette approche, pas toujours compatible avec le respect des rythmes dapprentissage de chacun, prend parfois trop de temps et ne convient pas à tous les élèves.
Lanalyse des attitudes des enseignants, à légard du mandat qui leur est assigné dans les " Commentaires didactiques ", aboutit à un bilan contrasté. Dun côté, les enseignants témoignent dune conviction évidente à légard des lignes générales qui définissent leur action, puisquils sont, par exemple, plus de 75% à affirmer que celles-ci conviennent bien à leur conception pédagogique. De lautre, ils laissent apparaître que la stricte application de ce rôle soulève quelques doutes qui se traduisent, pour beaucoup, par des difficultés à gérer les implications qui en découlent comme notamment ne pas intervenir auprès des élèves qui tâtonnent trop longtemps.
La seule caractéristique qui affiche une différence dattitude claire et systématique est lappartenance à un statut décole. Les enseignants décoles en innovation/réflexion (I/R) présentent des attitudes significativement différentes de leurs collègues décoles hors innovation (H/IR) .
Lintroduction des nouveaux moyens de mathématique, et plus spécifiquement de lapprentissage coopératif, pose des problèmes de " gestion de la classe " que les enseignants I/R parviennent mieux à gérer.
Limportance accordée, dans les écoles I/R, au travail de groupe semble avoir développé, chez les enseignants qui y travaillent, certains savoirs et savoir-faire à légard de cette méthode dapprentissage et de mieux se lapproprier. Cette hypothèse tient au fait que leurs propos tant à légard des conditions-cadre, de lorganisation, que du suivi des élèves se montrent sensiblement plus positifs que ceux de leurs collègues. En outre, leurs résultats démontrent notamment quils sont moins dépendants du recours à des conditions particulières dencadrement des élèves pour se lancer dans lapprentissage coopératif. Ils témoignent également quils parviennent mieux à gérer les progressions individuelles et collectives, lune des raisons tenant probablement au fait quils sembleraient rencontrer moins de problèmes de discipline que leurs collègues H/IR.
Lattitude des enseignants I/R au sujet de " lefficacité de lapprentissage coopératif " est plus positive que leurs collègues H/IR. Pour ce domaine, nous constatons que si les opinions se rejoignent sur les affirmations soulignant les effets bénéfiques des interactions entre pairs, elles divergent significativement sur les autres plans. De fait, les enseignants I/R pensent que les notions mathématiques sont plus rapidement acquises avec les nouveaux moyens quavec les anciens, et ils réfutent plus fortement lidée que cette méthode denseignement contribue plus à développer des compétences sociales. Ils accordent donc à cette approche une plus grande valeur didactique que leur collègues H/IR. En outre, un plus grand nombre dentre eux le considère comme un moyen efficace pour gérer les rythmes dapprentissage différents et les différences interindividuelles des élèves. Aussi, affirment-ils plus fortement que les enseignants H/IR, que la coopération est un mode dorganisation de lenseignement et de lapprentissage bénéfique pour les élèves en difficulté. En conséquence, les enseignants I/R témoignent dune plus grande confiance vis-à-vis du travail de groupe et de la nouvelle méthodologie.
Enfin, si les données de léchelle relative au " rôle de lenseignant " ne nous autorisent pas à tirer des conclusions généralisables, une analyse des items nous laisse supposer que ce nouveau rôle convient mieux aux enseignants I/R de notre échantillon quà leurs collègues H/IR.
Des difficultés de mise en pratique
Un des enseignements que nous pouvons tirer de nos résultats est que le recours au groupe dapprentissage dans les classes butte sur des difficultés de mise en uvre. Inhérentes aux trois domaines de notre objet détude, ces problématiques contribuent à développer, pour certaines dimensions, une perception négative de lapprentissage coopératif.
Nous lavons vu dans la partie théorique, le travail de groupe, loin de constituer une simple modalité de disposition des élèves, est une véritable méthode dapprentissage. A ce titre, il apparaît que le recours à cette démarche réclame une certaine connaissance des déterminants ayant une influence sur le fonctionnement des groupes : la composition des groupes, la structuration de la tâche, la répartition des rôles, le matériel à employer, les étapes à envisager lors dune séquence de travail, les compétences des élèves, etc. Nous pensons que les difficultés rencontrées par notre échantillon proviennent dune certaine méconnaissance des paramètres que nous venons dévoquer, même sil nous paraît légitime de concevoir que lapprentissage coopératif complexifie la tâche de lenseignant par le rôle quil lui confère.
Nous pouvons aussi observer que les enseignants en innovation/réflexion (I/R) se distinguent de leurs collègues hors rénovation (H/IR) par une attitude plus positive. Des différences significatives de résultats indiquent, en effet, quils auraient moins de problèmes à assumer cette méthode dapprentissage. Cette situation nous laisse présumer que les enseignants I/R tireraient profit du recours plus fréquent dans les écoles I/R à des structures spécifiques (décloisonnements, cycles dapprentissage, TTC) et/ou quils aient développé certaines compétences pédagogiques, grâce à une expérience plus longue de lapprentissage coopératif. Ce faisant les problèmes liés à la discipline, la gestion des groupes, lautonomie, aux rythmes dapprentissage, aux interventions de lenseignant, au suivi des élèves ou encore à leur évaluation savéreraient moins aigus.
Au demeurant, la lecture des différents rapports évaluant la phase exploratoire de la rénovation semble confirmer notre dernière hypothèse. Elle met en évidence que la réflexion sur lapprentissage menée dans les écoles I/R a conduit les enseignants qui y travaillent à proposer et à tester des situations, des outils, des supports et des matériaux en étroite relation avec le travail de groupe (Rapport du groupe des experts externes chargés de lévaluation de la rénovation de lécole primaire genevoise, 1999, p. 3).
Un meilleur suivi des élèves en difficulté
La dimension " suivi des élèves " révèle, elle aussi, que lensemble de notre échantillon éprouve des difficultés de gestion, par exemple suivre simultanément lactivité de plusieurs groupes, mais elle nous apprend surtout que la mise en uvre de structures coopératives favorise, aux yeux des enseignants, le repérage et le suivi des élèves les moins avancés. Si lon considère que l'activité générale et les résultats dun groupe peuvent masquer les défaillances individuelles, cette analyse a de quoi surprendre. Nous nous risquerons cependant à une explication en supposant, dune part, que la dynamique du travail de groupe, qui dépend le plus souvent de lengagement de chacun, fait certainement ressortir plus crûment les désinvestissements individuels ou collectifs, en admettant, d'autre part, que la répartition des élèves en groupes dapprentissage offre à lenseignant la possibilité de centrer son attention sur lactivité dun groupe ou dun élève spécifique.
Jusquà présent lapproche coopérative du travail prévalait pour des raisons essentiellement didactiques ou sociales. Lémergence dun bénéfice en matière de suivi des élèves, relevé encore plus fortement par les enseignants I/R, pourrait contribuer aussi à lui donner une finalité et une justification supplémentaires. En permettant aux enseignants une évaluation de lactivité des élèves, le travail de groupe leur fournit loccasion délaborer des démarches de régulations immédiates et de différencier ainsi leur action pédagogique, comme le préconisent les Commentaires didactiques (1997). Cette perspective nous semble intéressante dans la mesure où le principe de " lindividualisation des parcours de formation " constitue un axe essentiel du mouvement de réforme entrepris dans lenseignement primaire genevois.
Le discours de notre échantillon indique que lapprentissage coopératif bénéficie dune légitimité et dune crédibilité didactique évidentes qui ne sont certainement pas sans relation avec le fort intérêt exprimé par ailleurs à légard du rôle. Ce constat pourrait donc laisser penser quun recours plus fréquent à cette pratique dans lenseignement, par le biais des méthodologies, ne devrait pas rencontrer une vive opposition de la part du corps enseignant.
Si nous pouvions imaginer que ce mode de travail et ladaptation du rôle de lenseignant quil réclame trouvent un écho favorable auprès de ses précurseurs de longue date, ladhésion manifestée par l'ensemble des enseignants sur ces points constitue une source denseignement surprenante. Les auteurs de la nouvelle méthodologie s'étant inspirés de conceptions pédagogiques et didactiques remettant en cause les pratiques et les représentations, l'évidence d'une attitude favorable aux démarches d'enseignement/apprentissage proposées n'allait, à notre sens, pas de soi. De nombreuses recherches ayant mis en évidence que les propositions d'innovation dans le champ pédagogique se heurtent souvent à un phénomène de résistance, qui proviennent précisément de ceux qui sont sensés les mettre en uvre.
Lorigine de cette réaction étant diverse - le manque de communication et de formation, labsence de moyens, le refus de sadapter à lévolution de sa profession, la pression de lenvironnement social - plusieurs années sont généralement nécessaires avant quun concept ou une démarche novatrice acquière ses lettres de créance et fasse évoluer les pratiques enseignantes. L'évocation, non exhaustive, des facteurs intervenant dans ce lent processus d'accréditation et d'appropriation témoigne bien de la singularité des attitudes observées dans notre recherche. Si on ne peut exclure, en dépit de sa brièveté, que la seule expérience des bénéfices du groupe dapprentissage ait suffi pour convaincre, nous voyons en ces attitudes positives les effets dune dynamique de formation - officielle ou non - provenants de deux facteurs : lintroduction des nouveaux moyens denseignement des mathématiques, le contexte particulier du canton de Genève. En effet, comment ne pas imaginer que la diffusion dun nouveau matériel denseignement, de même que l'effervescence intellectuelle suscitée par la publication de textes relatifs à la Rénovation de lenseignement primaire genevois - entraînant l'élaboration de projets proposant de nouvelles approches pédagogiques - naient incité les enseignants à sintéresser à des thèmes portant sur des pédagogies innovantes et que cette formation nait eu quelque incidence sur leurs représentations. Dans ces circonstances, le fait que les enseignants I/R, plus impliqués dans cette dynamique dinnovation, affichent une attitude plus favorable que les autres à légard dune démarche denseignement moins traditionnelle, relève, en définitive, dune certaine logique.
Enfin, comment envisager aussi que la " nature " même de notre échantillon - des enseignants de la division élémentaire, division dans laquelle les interactions sociales occupent une place privilégiée depuis longtemps pour les apprentissages soit sans relation avec les résultats positifs rencontrés.
Des réserves et des oppositions au travail de groupe
Le courant favorable à légard du travail en groupes, révélé par le chapitre précédent, ne doit pas nous faire oublier que les enseignants, et plus particulièrement les H/IR, émettent des réserves dont certaines, très fortes, méritent dêtre soulignées au moment où beaucoup présentent le travail de groupe comme une entrée immédiate dans la pédagogie différenciée.
En effet, quelques items, la plupart liés aux différences interindividuelles, montrent à lévidence que notre échantillon considère que lutilisation de cette approche ne lui permet pas dagir favorablement sur lensemble des paramètres liés à la différenciation. Il souligne que le travail en groupes ne respecte pas toujours les rythmes dapprentissage et quil ne convient pas à tous, et plus particulièrement aux élèves en difficulté qui désorganisent les groupes et tirent le moins de profit de cette méthode, selon un enseignant sur deux.
Certaines difficultés soulevées par lensemble des enseignants nous renvoient à notre cadre conceptuel et à différents écrits traitant directement ou non des comportements de désinvestissement observés chez des élèves dans des situations de travail de groupe. Ainsi, par exemple, les recherches de Salomon, Globerson et Webb (cité in Pelgrims Ducrey, 1996) démontrent que " certains élèves réduisent ou évitent leffort à investir dans la tâche, laissant à leurs pairs la responsabilité du travail " (p. 8). Johsua et Dupin (1993) déclarent, pour leur part, que certaines difficultés délèves " proviennent de leur impuissance à entrer dans le contrat didactique. Ils nen dominent pas les termes, ne savent jamais ce que lon attend deux, nintègrent pas les "règles du jeu" " (p. 263). Aussi, pour Bossert (cité in Pelgrims Ducrey, 1996), " une meilleure compréhension des processus dinfluence mutuelle dans lapprentissage coopératif et de ses bénéfices supposent létude de différentes représentations des élèves ( ) Or, de telles représentations peuvent non seulement varier entre les différents membres dun groupe mais également ne pas correspondre aux attentes de lenseignant ou du chercheur qui sont sous-jacentes au dispositif dapprentissage coopératif " (p. 8).
Dès lors, compte tenu de lensemble des problématiques évoquées, il apparaît que lutilisation de structures coopératives dans une perspective de différenciation, ne peut devenir effective que dans la mesure où les enseignants seront parvenus à trouver des réponses aux problématiques quils soulèvent.
Les résultats relatifs au rôle de lenseignant et à lefficacité du travail de groupe dévoilent quune minorité non négligeable denseignants (20% environ) sexprime à chaque fois négativement sur ces domaines. Ces derniers naccordent aucune confiance à cette approche quils jugent peu efficace et qui leur confère un rôle dans lequel ils se sentent mal à laise, probablement parce quil ne correspond pas à limage quils se font du métier denseignant.
Ce dernier constat, de même que la prise en compte dune certaine ambivalence des attitudes de notre échantillon, qui approuve lidée que le travail de groupe est une bonne chose, bien quil ne respecte pas les différences interindividuelles, nous amènent à émettre lhypothèse que les représentations des enseignants sur lapprentissage coopératif doivent encore évoluer afin que cette approche soit reconnue par lensemble du corps enseignant et quelle puisse être utilisée sans crainte dans un système pédagogique soucieux des particularités de chaque élève. A cet égard, certaines pistes, sur lesquelles nous reviendrons dans la conclusion de ce travail, semblent susceptibles de favoriser ce processus : la formation continue, le travail en équipe pédagogique ou dautres formes daccès direct à des conceptions et des pratiques pédagogiques innovantes.
Des enseignants en innovation/réflexion plus socio-constructivistes
Il convient ici de sinterroger sur les raisons qui poussent les enseignants I/R à envisager lapprentissage coopératif sous un angle systématiquement plus favorable. Nous émettons pour cela deux hypothèses. Dune part, comme nous lavons déjà évoqué, leur expérience collective ou individuelle de cette approche, certainement plus longue que leurs collègues H/IR, les a amenés à développer des savoirs et des savoir-faire leur permettant également de mieux appréhender les différences interindividuelles. Dautre part, les enseignants I/R ont des représentations plus socio-constructivistes de lapprentissage, dues peut-être à leur position dans le système scolaire, qui font que les stratégies denseignement se référant aux théories du modèle socio-constructiviste, telles que lapprentissage coopératif et la différenciation, sont perçues positivement. Cette dernière interprétation semble dailleurs trouver une confirmation à la lecture des conclusions effectuées par les experts externes chargés de lévaluation de la rénovation de lécole primaire genevoise :
Dans la grande majorité des écoles visitées, les experts ont observé une nette centration sur les apprentissages des élèves et la mise en place de situations dapprentissage et de dispositifs didactiques complexes favorisant lactivité de lélève et les interactions entre élèves (cf. rapport SRED, pp. 59-60) qui relève la conception socio-constructiviste de lapprentissage fortement affirmée par les enseignants en rénovation (Rapport du groupe des experts externes chargés de lévaluation de la rénovation de lécole primaire genevoise, 1999, p. 3).
Une interprétation hâtive permettrait sans doute daffirmer que le seul fait de fonctionner dans une école I/R modifie les attitudes des enseignants dans cette direction. Par exemple, la recherche de Matazzoni Deidda et Navarro Dubois (1999), effectuée au cours de la quatrième année de la phase exploratoire de la rénovation auprès dun groupe restreint denseignants, met en évidence que, pour les enseignants I/R interrogés, le travail en équipe (TTC réunions) participe à une remise en question des représentations et à une modification des pratiques. Cependant, une précision permettra de nuancer ces propos. En effet, ne loublions pas, les enseignants des écoles I/R ont été recrutés selon un processus basé sur le volontariat. Il est donc très probable que ces derniers avaient déjà une conception plus socio-constructiviste que dautres de lapprentissage avant de sengager dans la phase exploratoire de la Rénovation.
Enfin, nous ne pouvons pas exclure que si le discours des enseignants I/R à légard du travail de groupe est plus positif que celui des enseignants H/IR, les difficultés rencontrées sur le terrain ainsi que leurs pratiques peuvent être plus similaires que ce que leurs propos veulent bien dévoiler. Nos résultats témoigneraient alors plus des convictions préexistantes de la part des enseignants I/R à légard de ce dispositif de travail que de réelles habiletés en la matière.
Le fait quaucune différence dattitude significative napparaisse au regard de certaines caractéristiques susceptibles dorienter le discours de notre échantillon est une dernière source denseignement découlant de nos résultats. Ce constat nous invite à émettre des hypothèses et à nous intéresser de plus près à notre instrument de recherche pour mieux le comprendre.
Concernant la caractéristique " formation continue ", au lieu de remettre immédiatement en cause les compléments de formation proposés par le service du perfectionnement sur le thème de la coopération, il nous semble judicieux de nous interroger sur les raisons qui ont pu influencer les résultats concernant cette variable.
Tout dabord, nous considérons que la catégorisation établie, qui ne tient compte que de la formation continue officielle organisée par le service du perfectionnement, nest pas heureuse. Elle réduit la formation continue aux seuls cours ou séances mis sur pied par les instances officielles alors que celle-ci savère protéiforme. En effet, tant les cours universitaires, que des lectures personnelles ou encore une réflexion commune lors de TTC par exemple, constituent des modalités de formation continue que notre dispositif de recherche na pas retenu, provoquant ainsi certainement un biais dans nos résultats.
De plus, il semble que les choix effectués lors de lanalyse statistique (en raison du nombre peu important denseignants de chaque catégorie), notamment le fait de fusionner les différentes modalités de formation continue officielle, ne nous a pas permis de prendre en compte les éventuels effets liés aux types de formations entrepris. Des différences dattitude auraient peut-être été observées entre des enseignants sétant inscrits à un accompagnement de la mise en pratique effectué par le Service de Didactique des Mathématiques et des enseignants ayant opté pour un autre type de formation.
Notons également que les données récoltées à légard de cette caractéristique, ont peut-être été faussées, en raison dune confusion possible au sujet de la journée dinformation obligatoire. Certains enseignants, contrairement à dautres, lont probablement considérée comme une journée de formation.
La collaboration entre enseignants ne jouerait aucun rôle sur les attitudes. Ce résultat est également surprenant dans la mesure où de nombreux écrits stipulent que la mise en réseau de compétences pédagogiques nest pas sans effet sur le choix de démarches innovantes. Dailleurs, la différence dattitude constatée entre les enseignants en innovation/réflexion - pour lesquels la collaboration entre professionnels constitue un axe de travail fondamental - et leurs collègues H/IR, corrobore cette affirmation. Il nous faut donc, là aussi, revenir sur notre instrument pour trouver une explication. Ainsi, le procédé retenu - opposer les enseignants qui affirment ne pas collaborer aux autres - annule, là encore, la possibilité de traiter les données en fonction des divers types de collaboration.
Enfin, lapport dune ressource humaine supplémentaire (GNT), souhaitée par une forte majorité de notre échantillon (95%), na aucun effet significatif sur les attitudes de notre échantillon selon nos données. Ce bilan, certainement plus compréhensible pour les domaines " efficacité de lapprentissage coopératif " et " rôle de lenseignant ", est inattendu sur le plan de la gestion de la classe, domaine où l'on peut légitimement supposer qu'une aide " extérieure " facilite la tâche de l'enseignant.
On ne peut donc exclure quune collaboration puisse, en définitive, complexifier la gestion du groupe-classe, annihilant de la sorte les bénéfices quelle sous-tend. Cependant, nous pensons que dautres facteurs jouent un rôle plus déterminant dans le résultat obtenu. A cet égard, nous avancerons les hypothèses suivantes :
Les GNT ninterviennent généralement quune ou deux périodes par semaine dans les classes qui bénéficient de ce type daide, alors que le temps alloué aux mathématiques se monte à 6 périodes. Leur concours est donc très limité et il ne peut donc avoir une influence marquante sur les attitudes.
Des différences significatives dattitudes auraient pu être observées en fonction du type de collaboration entre le GNT et le titulaire. Or, en prenant le parti de distinguer uniquement les enseignants qui disposaient dun GNT et ceux qui nen bénéficiaient pas, nous navons pas été en mesure de tenir compte de cette éventualité.
La présente recherche, effectuée durant lannée scolaire 98/99 visait à déterminer des attitudes denseignants sur le travail de groupe suite à lintroduction de cette approche pédagogique dans la nouvelle méthodologie romande de mathématiques 1P-4P. Dans cette optique, un questionnaire, élaboré sur la base de deux questions de recherche, a été envoyé à lensemble des enseignants genevois titulaires dune 1ère primaire lors de lannée scolaire 97/98.
Notre étude avait pour première question de recherche : Quelles sont les attitudes des enseignants concernant des problématiques relatives à lapprentissage coopératif, à savoir la gestion de la classe, le rôle de lenseignant et lefficacité dans les apprentissages ?
Lanalyse des réponses obtenues nous a permis de dégager que lexpérience du travail de groupe pendant une année amenait les enseignants à présenter des attitudes bien distinctes sur cette méthode en fonction du domaine étudié. Par conséquent, nous avons constaté que les enseignants ont une attitude :
- significativement négative par rapport à la " gestion de la classe " ;- plutôt positive par rapport à " lefficacité de lapprentissage coopératif " ;
- contrastée à légard du " rôle de lenseignant " défini dans la nouvelle méthodologie de mathématiques.
Lattitude négative vis-à-vis de la " gestion de la classe " résulte principalement de préoccupations liées aux conditions-cadre denseignement, à lorganisation du travail en groupes ainsi quau manque dautonomie des élèves. Lattitude positive à légard de " lefficacité de lapprentissage coopératif " tient essentiellement au fait que notre échantillon reconnaît à cette méthode une très forte légitimité et de manière générale une réelle valeur didactique. En effet, ils se montrent plus partagés quand ils sexpriment sur son rendement, voire même très circonspects à lidée que cette approche garantit le respect des différences interindividuelles. Enfin, le résultat mitigé observé pour le " rôle de lenseignant " sexplique par les difficultés quils expriment quant à sa mise en uvre, alors même quils se déclarent très convaincus par le mandat pédagogique qui leur est confié.
Nous émettons lhypothèse que les problèmes évoqués peuvent être imputés, en partie, à un manque de connaissances des méthodes et des déterminants liés au travail de groupe ainsi quà des conditions denseignement (effectif, présence dun GNT) qui ne facilitent pas sa gestion. La considération dont semble bénéficier lapproche coopérative sur le plan didactique, de même que lacceptation du rôle quelle implique, résulte certainement de lexpérience des utilisateurs et des apports de la formation continue (officielle ou non) des enseignants. Formation continue dont lorigine est à rechercher dans lintroduction de la nouvelle méthodologie de mathématiques, mais également dans leffervescence intellectuelle suscitée par les mouvements de réforme touchant lenseignement primaire genevois.
La deuxième question qui a orienté notre étude était la suivante : Existe-t-il des différences dattitudes en fonction des paramètres personnels et institutionnels des enseignants ?
A cet égard, nous avons voulu savoir si les attitudes vis-à-vis de l'apprentissage coopératif variaient en fonction de l'expérience professionnelle, de l'appartenance à un statut d'école officiel, de la disponibilité en poste de GNT, de la formation continue ou encore de la collaboration professionnelle.
Parmi les variables retenues, une seule présente des différences dattitudes claires et systématiques : lappartenance à un statut d'école officiel.
Les données laissent apparaître que les enseignants des écoles en innovation ou en réflexion (I/R) ont une attitude moins négative au sujet de la " gestion de la classe " et plus positive à propos de " lefficacité de lapprentissage coopératif " que leurs collègues ne fonctionnant pas dans ce type décole. Enfin, même si nous ne pouvons pas généraliser notre propos, il semblerait que les enseignant I/R aient une attitude plus favorable quant au " rôle de lenseignant ".
Nous supposons que lemploi de structures rencontrées plus fréquemment ou propres aux écoles en innovation ou en réflexion (décloisonnements, cycles dapprentissage, TTC), de même quune expérience plus longue de lapprentissage coopératif et quune orientation plus socio-constructiviste de lapprentissage chez les enseignants I/R sont à lorigine des attitudes observées à légard des trois domaines retenus pour notre étude.
Apports et limites de la recherche
Nous ne pouvons dire si létude que nous avons menée retiendra lattention des diverses instances travaillant à lévolution des idées et des pratiques dans lenseignement primaire.
Pour notre part, la réalisation de cette recherche a été riche denseignements dont certains ne seront pas sans conséquences sur notre pratique professionnelle. La contextualisation de notre problématique nous a conduit à mesurer lampleur du cadre dans lequel sinscrit lintroduction des nouveaux moyens denseignement des mathématiques dune part, à identifier et à nous pencher sur un ensemble de dimensions théoriques passionnantes dautre part. Par ailleurs, nous avons le sentiment que lélaboration en dyade de ce travail nous a donné loccasion dexpérimenter la démarche coopérative, den découvrir toute sa richesse, mais également toutes ses difficultés.
Un autre apport de ce travail fut de constater que lapprentissage coopératif permet de tenir compte des recherches effectuées par divers champs théoriques tels que la psychologie cognitive, la didactique des mathématiques ou encore la pédagogie expérimentale. Dans cette perspective, ce mode dorganisation ne répond plus seulement au souci de développer chez lélève des compétences sociales et cognitives, il est envisagé aussi comme un moyen daccès aux apprentissages spécifiques par le biais des interactions entre pairs quil suscite. La revue de littérature met également en évidence quil ne suffit pas de rassembler des élèves pour que cette méthode pédagogique soit véritablement opératoire.
Lanalyse des résultats a permis de déterminer et de mieux comprendre les attitudes des enseignants à légard du travail de groupe. A ce sujet, plusieurs constats paraissent intéressants.
Tout dabord, il semblerait que lune des craintes exprimées au début de ce mémoire, à savoir un découragement, voire une forte résistance de principe face aux changements, ne trouve pas de confirmation dans le cadre de cette recherche. La confiance que léchantillon dit accorder à lapproche coopérative, de même que lattitude positive quil affiche à légard du rôle témoignent même dune ouverture certaine face à ce qui constitue pour beaucoup une innovation pédagogique.
Ensuite, les difficultés de gestion relevées par les enseignants interrogés apportent la confirmation de ce que le discours de certains laissaient supposer, à savoir que lapplication de cette méthode dapprentissage ne va pas de soi. Elle génère de nouvelles problématiques liées, par exemple, à la discipline, au contrôle de lactivité ou encore au manque dautonomie des élèves, auxquelles il est nécessaire damener des réponses afin que lintérêt à légard du travail en groupes ne faiblisse pas et que cette stratégie denseignement sintègre aux pratiques usuelles du corps enseignant.
Par ailleurs, si de nombreux auteurs considèrent que lapprentissage coopératif favorise le respect et la gestion des particularités de chaque élève, notre travail démontre un sentiment différent de la part de notre échantillon. De fait, ce dernier estime plutôt que cette méthode ne lui permet pas dagir favorablement sur lensemble des paramètres liés à la différenciation pédagogique, thème important du débat pédagogique actuel.
Enfin, il apparaît que les caractéristiques institutionnelles et personnelles étudiées nont que peu dinfluence sur les attitudes, puisque seule lappartenance à un statut décole présente des différences dattitude significatives. Ce constat est surprenant dans la mesure où les caractéristiques retenues semblaient être des facteurs susceptibles dinfluencer les discours.
Notre recherche est largement tributaire de divers éléments dont linfluence sur les résultats nous invite à en cerner les limites.
Une des limites de notre étude se rapporte à la procédure denquête que nous avons choisie : lutilisation dun questionnaire. Malgré les précautions dusage (anonymat, items et formulation de ceux-ci), il nous est difficile de déterminer si les réponses obtenues correspondent bien aux perceptions des enseignants et aux pratiques effectives de notre échantillon sur le travail de groupe. Comme nous ne pouvons exclure, en effet, que le phénomène de " désirabilité sociale " nait eu quelque incidence sur lorientation de nos résultats, nous considérons que ces derniers doivent être pris avec une certaine prudence.
Par ailleurs, nous sommes convaincus que la courte période dexpérimentation et le peu de recul de notre échantillon à légard de cette méthode ont été des facteurs agissants sur les attitudes recueillies. Par conséquent, il nous paraît probable quune variation sensible des résultats pourrait être observée si cette enquête devait être reconduite ultérieurement.
Ensuite, le choix de nous intéresser exclusivement aux enseignants du canton de Genève titulaires dune 1ère primaire durant lannée 97/98, ne nous autorise pas à étendre nos interprétations et nos conclusions à lensemble des enseignants genevois et romands. En effet, nous supposons que les problématiques et les pratiques spécifiques à la division élémentaire, de même que la diversité cantonale quant aux formations initiales et continues, quant aux moyens engagés, aux structures scolaires, aux contextes sociaux et politiques, sont des facteurs susceptibles dagir sur les attitudes des enseignants romands au sujet des nouveaux moyens denseignement de mathématiques.
Enfin, la dernière limite que nous entrevoyons se rapporte au mode de traitement des données relatives aux caractéristiques " type de collaboration " et " formation continue ". En effet, en raison deffectifs insuffisants dans les modalités de réponse initialement prévues pour ces caractéristiques, nous avons été contraints de les regrouper et de traiter les données recueillies de manière dichotomique (collaboration ou non ; formation continue ou non). Dès lors, il ne nous a pas été possible de distinguer déventuelles différences dattitudes en fonction de modalités de fonctionnement plus nuancées.
Les constats établis par notre recherche nous incitent à proposer certains axes daction visant à répondre aux problématiques quils soulèvent et à envisager de nouvelles investigations en vue délargir la réflexion.
Apparemment, les difficultés de gestion relevées par notre échantillon démontrent que celui-ci se trouve quelque peu désarmé face à la complexité des différents aspects du travail de groupe. Cette situation sexplique par le fait que jusquà présent, dans le canton de Genève, ni la formation initiale, ni la formation continue navaient, semble-t-il, mis sur pied de cours portant sur cette méthode pédagogique. Par conséquent, lapprentissage coopératif ne fait donc pas réellement partie dune culture scolaire commune.
Nous pensons quune initiation aux méthodes, aux procédures organisationnelles et aux principes de base de lapprentissage coopératif, associée à une prise de conscience de la nécessité de former les élèves au travail de groupe, apporteraient des réponses à la majorité des problèmes dapplication que les enseignants rencontrent. A cet égard, les contributions très concrètes du courant nord-américain sur lapprentissage coopératif pourraient constituer une source dinspiration intéressante.
En outre, les réticences et les oppositions exprimées par une partie de notre échantillon quant à la légitimité et lefficacité de lapproche coopérative ou au rôle quelle induit, de même que la perception peu favorable de la pertinence de cette démarche à légard de la différenciation, démontrent quun important travail sur les représentations doit être encore mené. Effort sans lequel lapprentissage coopératif ne pourra acquérir la place que lui confère les récentes théories dapprentissage.
Lensemble de ces problématiques nous paraît susceptible dorienter la teneur des cours de formation continue proposés par le service du perfectionnement de lenseignement primaire. Si lon peut attendre des différents services impliqués par larrivée des nouveaux moyens de mathématiques quils amènent des réponses concrètes, susceptibles de guider les enseignants dans leurs démarches, on peut également espérer dune partie de ces derniers, une meilleure implication dans les processus de formation mis à leur disposition et réclamé par linnovation pédagogique. En effet, le bon taux de participation aux cours de formation continue ne doit pas dissimuler le fait que près dun enseignant sur quatre avoue ne pas avoir lu les " Commentaires didactiques ", document qui accompagne les nouveaux moyens de mathématiques.
Toutefois, pour quune réorganisation des représentations se produise, il ne suffira peut-être pas dagir sur les contenus de la formation continue, ni de compter sur lengagement des enseignants. Comme nous lavons vu dans la partie théorique de notre recherche, toute forme daccès direct à des conceptions et des pratiques pédagogiques innovantes peut permettre de développer des compétences utiles à la mise en pratique de lapprentissage coopératif. Dès lors, il conviendrait peut-être dencourager les enseignants à partager davantage leurs expériences en classe et à coopérer.
Cependant, cette dynamique de formation nest envisageable et ne peut porter ses fruits que dans la mesure où elle est amorcée par les personnes concernées. Il faut donc pour cela que les enseignants se sentent soutenus dans leur démarche par un contexte institutionnel favorable, ce qui engage, cette fois-ci, la responsabilité des autorités scolaires et politiques du canton.
Nous le constatons, larrivée de moyens denseignement, qui contiennent de nouvelles orientations pédagogiques, demande aux professionnels du champ éducatif de relever de nombreux défis. Par ailleurs, afin dapprécier leur intégration, la poursuite dune réflexion sappuyant sur une interrogation des pratiques et des perceptions du corps enseignant semble nécessaire.
Si certains enseignants affirment se sentir à laise dans ce nouveau rôle et gérer les situations dapprentissage coopératif avec facilité, il est légitime de se questionner sur les modalités pratiques mises en place par ceux-ci. Comment organisent-ils leurs séquences dapprentissage ? Comment interviennent-ils auprès des groupes délèves ? Quelles solutions trouvent-ils aux difficultés exprimées par certains de leurs collègues ? Il serait encore intéressant de déterminer la raison prédominante qui pousse les enseignants en innovation ou en réflexion à présenter un discours plus positif sur les trois domaines liés à lapprentissage coopératif. Est-ce les structures particulières développées dans ce type décole, les compétences pédagogiques développées par ces enseignants ou encore les convictions préexistantes vis-à-vis de lapprentissage coopératif ?
On le voit, à lheure du bilan, même si quelques réponses ont été apportées, de nombreuses questions subsistent. Mais nest-ce pas aussi en cela que réside lintérêt de toute recherche.
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- ALLAL (L.), Apprentissage et évaluation dans le cadre d'une pédagogie différenciée, 96-97.
| - BRUN (J.),
Didactique des mathématiques, 94-95.
- BRUN (J.), Séminaire de recherche en didactique des mathématiques, 95-96. - GIORDAN (A.), Séminaire de recherche en didactique et épistémologie des sciences, 95-96. - GIORDAN (A.), Didactique et épistémologie des sciences : initiation, 94-95. |
Annexe 1 - Abréviations utilisées
1P 1ère primaire
GNT Généraliste non-titulaire GPR Groupe de pilotage de la rénovation
GIP Groupe inter-projet de la rénovation
H/IR Hors innovation/réflexion
I/R En innovation/réflexio
Annexe 2 Travail de groupe - Nouveaux moyens
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Enquête au Bois-Joli |
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Oh ! Potentille |
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Bizarre, bizarre ! |
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Fourmillons |
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Les faux jumeaux |
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Une sucette comme ça |
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A chacun sa sorcière |
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Portrait dune sorcière |
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Potentille, la sorcière surprise |
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La tour cachée |
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Sorcière, je t'ai trouvée ! |
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A nous les sorcières |
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Carnaval |
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De plus en plus lourd |
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La grande course |
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Le dragon et la licorne |
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Avoir le dernier mot |
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Le moulin |
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Quatre quatre |
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Touche pas à ma couleur |
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La ronde des nombres |
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Stop |
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La boîte chantante |
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