Projet Staf-14 Le problème des relations intergroupe
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[Projet Staf-14]
Notice
Cette partie du projet est optionnelle, elle contient un certain nomre de pistes de réflexion qui pourront etre développées ultérieurement (Staf-15). Mon but est le suivant:
- Ebaucher une situation experimentale dans le MOO qui reproduise un plan experimental du courant de recherche sur les relations intergroupe, par exemple, le dilemne du prisonnier de Wilson, Chun et Kayatani (1965) ou les sujets doivent se partager une recompense selon une strategie competitive ou collaborative [c'est pas la meme collaboration que dans les recherches sur l'apprentissage collaboratif] pour voir si la discrimination du hors-groupe existe dans le MOO et pour voir si cet environnement est assez controlable pour mesurer quelque chose.
- Inventer une experience MOO pour voir si les phenomenes intergroupe ont une influence sur un processus collaboratif de resolution de problème par ou encore inventer une experience sur la collaboration dans le MOO sans compliquer avec la competition sociale.
En plus d'etre un lieu dédié à l'enseignement, le centre de conférence pourrait servir à tester des hypotheses dans le champ de la psychologie sociale des relations intergroupe et de la psychologie cognitive. Dans un premier temps je présente ce courant de recherches d'une manière très incomplète qui indignerait tout chercheur dans ce domaine, mais étant donné le caractère exploratoire de cette partie de mon travail je n'entrerai pas davantage dans les détails.
Dans un deuxième temps je présente les travaux sur la résolution de problèmes du point de vue de la théorie du conflit socio-cognitif (Doise et Mugny).
Les travaux en psychologie sociale sur les relations entre groupes
Les travaux en psychologie sociale prédisent que le partage des apprenants en deux groupes (meme selon un critère insignifiant et nullement valorisé) fait apparaitre une dynamique conflictuelle intergroupe et un phénomène de catégorisation.
Cette catégorisation peut se manifester de plusieurs manières:
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Les personnes du groupe rouge jugent qu'elles se ressemblent modérément entre elles et que les personnes du groupe bleu sont toutes semblables (stéréotype, c.f. H. Tajfel, A. A. Sheikh, R. C. Gardner, "Content of stereotypes and the inference of similarity between members of stereotyped groups", 1964 in "Expériences entre groupes" W. Doise, 1979).
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S'il fallait choisir des partenaires de travail les personnes intérogées préfèreraient travailler avec un individu de leur groupe plutot que de l'autre groupe (favoritisme intra-groupe, c.f. Jacob M. Rabbie, Murray Horwitz, "L'effet discriminatoire entre groupes en fonction d'une réussite ou d'un échec au hasard", 1969, in "Expériences entre groupes" W. Doise, 1979).
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Si on demande aux groupes d'évaluer une production qu'ils ont préalablement réalisée ils surestimeront la leur au détriment de l'autre (c.f. C. K. Ferguson, H.H. Kelley, "Facteurs significatifs dans la surévaluation de la production de son propre groupe", 1964, in "Expériences entre groupes", W. Doise, 197).
Selon Turner, la discrimination envers le hors-groupe est un moyen parmi d'autres pour l'individu de se fabriquer une identité positive en établissant une différence à son avantage entre lui-meme et "les autres" à travers une identification au groupe. La discrimination envers un hors-groupe ne s'explique dès lors plus par une théorie des rapports d'intéret (par exemple avoir plus d'argent) mais par un phénomène symbolique de comparaison sociale et de compétition.
La recherche sur les phénomènes intergroupe s'est développée à travers plusieurs paradigmes expérimentaux. Les précurseurs expérimentaient l'induction et la résolution de conflits inter-groupes en situation réelle mais peu à peu les situations expérimentales se sont "appauvries" en tendant vers un modèle minimal caractérisé comme suit: les personnes ne se connaissent pas, n'entrent pas en contact visuel, donnent des réponses sans valeurs utilitaire (ne gagnent rien si elles avantagent leur propre groupe) et ou il n'existe aucun lien entre le critère de catégorisation et la nature des réponses (par exemple: on n'évalue pas la production des groupes selon une échelle d'esthétique, mais en attribuant des points sans signification à l'un ou l'autre des groupes).
La théorie socio-cognitive de la collaboration
La théorie socio-cognitive de la collaboration peut etre illustree par Piaget utilisant une boite contenant une pyramide avec deux fenetres. Un enfant voit un carré et l'autre un triangle. La résolution du conflit débouche sur la conclusion que c'est une pyramide qui se trouve dans la boite. Le centre de conférence développé dans le cadre du projet Staf-14 devrait permettre d'induire des conflits socio-cognitifs en manipulant l'information donnée aux deux groupes d'apprenants. En donnant une représentation différente d'un problème aux deux groupes on pourrait induire un conflit relationnel (les groupes ne sont pas d'accord) qui sera résolu par une décentration du point de vue propre et par une équilibration cognitive.
Dans le cadre de la théorie socio-culturelle, l'accent est mis sur la verbalisation du désaccord. (cf Dillenbourg & al. The evolution of collaborative learning). Les phénomènes qui pourraient etre mis en evidence sont decrits dans l'article "Collaborative Learning on the Internet" (Pierre Dillenbourg, Daniel K. Schneider.
L'appropriation est un processus de réinterprétation qui se déroule comme suit:
Soient deux apprenants A et B, B étant plus performant pour la tache considérée. Lorsque A effectue une action, B intègre celle-ci dans sa représentation de l'action. L'apprentissage a lieu lorsque A réinterprète ses actions en fonction de l'appropriation que B en a fait.
(traduit à partir du texte de Dillenbourg et Schneider "Collaborative Learning on the Internet".
Questions de recherche
Une question de recherche serait d'évaluer l'effet des phénomènes intergroupe sur les processus de collaboration. Un groupe expérimental utiliserait les auditoires ou tout a été fait pour induire une appartenance groupale (couleur des auditoires et des canaux de communication) alors que l'autre prendrait place dans la salle de séminaires ou deux groupes sont constitués sans cette insistance sur la séparation des groupes.
Pour effectuer une recherche qui corresponde à des critères scientifique le Centre devrait etre simplifie et les hypotheses etroitement définies.
Socially Shared Cognition
Le constructivisme a permis le dépassement de l'impasse qui opposait jusque là une vision individualiste, empiriste de la cognition (ce que nous asvons est le reflet de l'environnement physique) et une vision de la cognition comme un phénomème social. Vygotski (1978) et Mead (1943) ont argué que les interactions sociales qu'un individu expérimente modèlent les schémas cognitifs qu'il utilise pour décoder et interpréter les informations qui lui parviennent. Dans le domaine des sciences cognitives Minsky (1986) utilise des modèles sociaux de la cognition basés sur des métaphores connexionistes et la métaphore du "blackboard". Le cognitif ne sont plus dans un rapport fond-forme mais dans un rapport d'interdependance.
Selon ce point de vue, l'utilisation du laboratoire de psychologie expériementale ne peut pas permettre de mesurer le fonctionnement cognitif "réel". Par ailleurs, la réussite d'un sujet dans une tache expérimentale dépend autant de son aptitude à s'adapter à la situation totalement décontextualisée du laboratoire que de sa réelle aptitude cognitive.
La critique faite à Piaget, de poser plusieurs fois la meme question à un enfant meme lorsque celui-ci a repondu correctement, repose sur l'idée que l'échec du sujet (l'enfant est déclaré non-conservant) est du à une faiblesse relationnelle (sociale) plutot que cognitive. Doise & Mugny (19??) ont développé un modèle qui permet de comprendre cette asymétrie développementale. Ils décrivent le développement comme suivant une spirale ou un progrès cognitif permet une interaction plus riche avec les pairs et réciproquement. Toutefois, cette vision des choses maintient la distinction entre social et cognitif alors que l'approche de la cognition située ne les distingue qu'en tant que deux aspects du meme processus.
The Common Place MOO: Orality and Litteracy in Virtual Reality
by Don Langham (langhd@rpi.edu) in CMC Magatine/Vol.1,Nr.3/July 1, 1994
En son temps Socrate critiquait l'écritue parce qu'elle risquait d'isoler l'écrivain de la communauté. Pour l'auteur, les MOO sont une réponse à cette critique de l'écriture. [...] there is reason to beleive that CMC may alter the nature of human interaction as fundamentally as writing and print have, perhaps producing a new way of "being" in the world.
Le danger de l'écrit pour une société orale réside dans le fait que ses membres ne sont plus les porteurs vivants de l'histoire. Un texte sans son auteur pour l'enseigner n'est qu'une coquille dont le contenu n'est plus partagé par tous.
Bibliographie
- The Common Place MOO:Orality and Literacy in Virtual Reality by Don Langham (langhd@rpi.edu)
- The evolution of collaborative learning, Dillenbourg & al.
- "Collaborative Learning on the Internet" Pierre Dillenbourg, Daniel K. Schneider
- "Expériences entre groupes" W. Doise, 1979
- MUDs in Education: New Environments, New Pedagogies in Computer mediated communication magazine, vol. 2 (1), 1995.
- Computer-Mediated Communication and the Online Classroom in Higher Education in Computer mediated communication magazine, vol. 2(3), 1995
- Perspectives on Socially Shared Cognition, L.B. Resnick, J. M. Levine & S.D. Teasley (Eds.),1991
Patrick Jermann