Projet Staf-14 Le problème des relations intergroupe

. [Projet Staf-14]

Notice

Cette partie du projet est optionnelle, elle contient un certain nomre de pistes de réflexion qui pourront etre développées ultérieurement (Staf-15). Mon but est le suivant: En plus d'etre un lieu dédié à l'enseignement, le centre de conférence pourrait servir à tester des hypotheses dans le champ de la psychologie sociale des relations intergroupe et de la psychologie cognitive. Dans un premier temps je présente ce courant de recherches d'une manière très incomplète qui indignerait tout chercheur dans ce domaine, mais étant donné le caractère exploratoire de cette partie de mon travail je n'entrerai pas davantage dans les détails.

Dans un deuxième temps je présente les travaux sur la résolution de problèmes du point de vue de la théorie du conflit socio-cognitif (Doise et Mugny).

Les travaux en psychologie sociale sur les relations entre groupes

Les travaux en psychologie sociale prédisent que le partage des apprenants en deux groupes (meme selon un critère insignifiant et nullement valorisé) fait apparaitre une dynamique conflictuelle intergroupe et un phénomène de catégorisation. Cette catégorisation peut se manifester de plusieurs manières: Selon Turner, la discrimination envers le hors-groupe est un moyen parmi d'autres pour l'individu de se fabriquer une identité positive en établissant une différence à son avantage entre lui-meme et "les autres" à travers une identification au groupe. La discrimination envers un hors-groupe ne s'explique dès lors plus par une théorie des rapports d'intéret (par exemple avoir plus d'argent) mais par un phénomène symbolique de comparaison sociale et de compétition.

La recherche sur les phénomènes intergroupe s'est développée à travers plusieurs paradigmes expérimentaux. Les précurseurs expérimentaient l'induction et la résolution de conflits inter-groupes en situation réelle mais peu à peu les situations expérimentales se sont "appauvries" en tendant vers un modèle minimal caractérisé comme suit: les personnes ne se connaissent pas, n'entrent pas en contact visuel, donnent des réponses sans valeurs utilitaire (ne gagnent rien si elles avantagent leur propre groupe) et ou il n'existe aucun lien entre le critère de catégorisation et la nature des réponses (par exemple: on n'évalue pas la production des groupes selon une échelle d'esthétique, mais en attribuant des points sans signification à l'un ou l'autre des groupes).

La théorie socio-cognitive de la collaboration

La théorie socio-cognitive de la collaboration peut etre illustree par Piaget utilisant une boite contenant une pyramide avec deux fenetres. Un enfant voit un carré et l'autre un triangle. La résolution du conflit débouche sur la conclusion que c'est une pyramide qui se trouve dans la boite. Le centre de conférence développé dans le cadre du projet Staf-14 devrait permettre d'induire des conflits socio-cognitifs en manipulant l'information donnée aux deux groupes d'apprenants. En donnant une représentation différente d'un problème aux deux groupes on pourrait induire un conflit relationnel (les groupes ne sont pas d'accord) qui sera résolu par une décentration du point de vue propre et par une équilibration cognitive.

Dans le cadre de la théorie socio-culturelle, l'accent est mis sur la verbalisation du désaccord. (cf Dillenbourg & al. The evolution of collaborative learning). Les phénomènes qui pourraient etre mis en evidence sont decrits dans l'article "Collaborative Learning on the Internet" (Pierre Dillenbourg, Daniel K. Schneider. L'appropriation est un processus de réinterprétation qui se déroule comme suit: Soient deux apprenants A et B, B étant plus performant pour la tache considérée. Lorsque A effectue une action, B intègre celle-ci dans sa représentation de l'action. L'apprentissage a lieu lorsque A réinterprète ses actions en fonction de l'appropriation que B en a fait. (traduit à partir du texte de Dillenbourg et Schneider "Collaborative Learning on the Internet".

Questions de recherche

Une question de recherche serait d'évaluer l'effet des phénomènes intergroupe sur les processus de collaboration. Un groupe expérimental utiliserait les auditoires ou tout a été fait pour induire une appartenance groupale (couleur des auditoires et des canaux de communication) alors que l'autre prendrait place dans la salle de séminaires ou deux groupes sont constitués sans cette insistance sur la séparation des groupes.

Pour effectuer une recherche qui corresponde à des critères scientifique le Centre devrait etre simplifie et les hypotheses etroitement définies.


Socially Shared Cognition

Le constructivisme a permis le dépassement de l'impasse qui opposait jusque là une vision individualiste, empiriste de la cognition (ce que nous asvons est le reflet de l'environnement physique) et une vision de la cognition comme un phénomème social. Vygotski (1978) et Mead (1943) ont argué que les interactions sociales qu'un individu expérimente modèlent les schémas cognitifs qu'il utilise pour décoder et interpréter les informations qui lui parviennent. Dans le domaine des sciences cognitives Minsky (1986) utilise des modèles sociaux de la cognition basés sur des métaphores connexionistes et la métaphore du "blackboard". Le cognitif ne sont plus dans un rapport fond-forme mais dans un rapport d'interdependance.

Selon ce point de vue, l'utilisation du laboratoire de psychologie expériementale ne peut pas permettre de mesurer le fonctionnement cognitif "réel". Par ailleurs, la réussite d'un sujet dans une tache expérimentale dépend autant de son aptitude à s'adapter à la situation totalement décontextualisée du laboratoire que de sa réelle aptitude cognitive.

La critique faite à Piaget, de poser plusieurs fois la meme question à un enfant meme lorsque celui-ci a repondu correctement, repose sur l'idée que l'échec du sujet (l'enfant est déclaré non-conservant) est du à une faiblesse relationnelle (sociale) plutot que cognitive. Doise & Mugny (19??) ont développé un modèle qui permet de comprendre cette asymétrie développementale. Ils décrivent le développement comme suivant une spirale ou un progrès cognitif permet une interaction plus riche avec les pairs et réciproquement. Toutefois, cette vision des choses maintient la distinction entre social et cognitif alors que l'approche de la cognition située ne les distingue qu'en tant que deux aspects du meme processus.

The Common Place MOO: Orality and Litteracy in Virtual Reality

by Don Langham (langhd@rpi.edu) in CMC Magatine/Vol.1,Nr.3/July 1, 1994

En son temps Socrate critiquait l'écritue parce qu'elle risquait d'isoler l'écrivain de la communauté. Pour l'auteur, les MOO sont une réponse à cette critique de l'écriture. [...] there is reason to beleive that CMC may alter the nature of human interaction as fundamentally as writing and print have, perhaps producing a new way of "being" in the world.

Le danger de l'écrit pour une société orale réside dans le fait que ses membres ne sont plus les porteurs vivants de l'histoire. Un texte sans son auteur pour l'enseigner n'est qu'une coquille dont le contenu n'est plus partagé par tous.

Bibliographie


Patrick Jermann