Structure d'un ITS
L'accès au contenu peut être varié, en lecture linéaire, par un index, par la table des matières etc. mais reste néanmoins rigide. Le concepteur d'un programme sur ce modèle doit prévoir à l'avance toutes les interactions possibles. Il peut mettre une aide et un glossaire à disposition de l'utilisateur mais son programme sera incapable de répondre à des questions inattendues et de saisir qualitativement les progrès de l'utilisateur. (Wenger, [5])
Un système de tutorat intelligent est construit différemment. Il contient avant tout les règles nécessaires à l'expert pour produire une interaction pédagogique à partir d'un corpus de connaissances. Ici, les connaissances pédagogiques et celles relatives au contenu sont séparées. Les connaissances relatives au contenu enseigné doivent être disponibles sous une forme "brute" qui permette leur utilisation indépendamment d'une interaction particulière.
Il s'agit de reconstituer l'aspect relationnel de la communication pédagogique sur un ordinateur.
On pensait pouvoir construire un système adaptatif et autosuffisant capable de remplacer un maître humain. Or même si pour l'instant cet objectif n'est pas atteint, il reste un but à long terme envisageable (Wenger)
Kurt Reusser [3] tempère cet enthousiasme en nous faisant part de deux réflexions:
"On a cru que les progrès de l'informatique permettraient de développer des machines à enseigner à la fois intelligentes et adaptées au niveau de connaissance de l'élève. C'était une vision purement romantique!, remarque Kurt Reusser. Ce que nous pouvons développer aujourd'hui, ce ne sont que des instruments de travail pour améliorer les cours de maths et les possibilités d'auto-apprentissage des élèves" [4]
Lorsque la tâche que l'on veut enseigner ne se réduit pas à un apprentissage par mémorisation, c'est à dire qu'une stratégie d'apprentissage par répétition du contenu n'est pas suffisante.(Dillenbourg, à paraître) Par contre, lorsqu'il s'agit d'acquérir une compétence qui nécessite une réflexion en plusieurs étapes, l'aide d'un agent extérieur peut être d'une aide précieuse. (voir à ce sujet les expérience Doise et Mugny sur le développement social de l'intelligence)
Un programme d'intelligence artificielle est fait de règles qui sont des énoncés du type SI
Les modules a) b) et c) sont constitués d'une base de règles. Le module tuteur nous intéresse plus particulièrement ici. Des tentatives ont été faites pour rendre celui-ci indépendant du domaine de connaissance. Il contient alors des règles qui permettent de choisir un problème à présenter à l'apprenant en fonction de ce qu'il maîtrise déjà, ou encore de moduler le style d'interaction en le rendant plus autoritaire ou plus flexible. (Dillenboug, [1])
Un problème est présenté sous forme écrite à l'élève. Celui-ci va dans un premier temps sélectionner les informations quantitatives pertinentes. Puis il liera une définition à chaque valeur (par exemple, 15 est le volume en litres que contient la baignoire). Il s'agit ensuite de former une structure logique avec les éléments du problème, intitulée "arbre de résolution". Cette manière de représenter la structure de la résolution du problème permet à plusieurs élèves de comparer leur manière de faire. (Reusser [4])
La résolution d'un problème d'arithmétique en langue naturelle (3 frères ont 150.-- à se partager, le premier obtient les 2/3 du second alors que le troisième reçoit la moitié du total...) requiert trois types de compétences: compréhension de texte (connaissances linguistiques), compréhension de la situation et compréhension mathématique.(Kintsch & Greeno 1985; Reusser 1989, 1990)
Le système doit être à même de passer d'une donnée en langage naturel, à la compréhension de la situation et pour terminer à une équation. Ce passage requiert différents niveaux de représentation (textuelle, situationelle et mathématique) Le niveau intermédiaire est crucial dans la compréhension d'un problème, il fait le lien entre l'entrée linguistique et la sortie formelle.
D'un point de vue pédagogique, K. Reusser [3] est de l'avis qu'il ne suffit pas de donner aux élèves des compétences procédurales décontextualisées en pensant qu'ils sauront les appliquer, mais plutôt d'insister sur la relation entre la résolution abstraite symbolique et le raisonnement dans un contexte concret. Les expressions formelles doivent acquérir un sens à travers leur lien avec les événements correspondant dans le réel. Pour que ce lien soit possible il faut apprendre aux élèves à construire un niveau de représentation intermédiaire.
Pour Reusser, le développement d'un outil pédagogique doit reposer sur trois lignes directrices: l'analyse de la tâche, une théorie de l'apprentissage ou de l'instruction qui réponde aux questions qu'enseigne-t-on et comment l'enseigne-t-on? Et en troisième lieu, une vision pédagogique et développementale de l'apprenant et des processus de l'apprentissage.
3. Explication
Les années de gloire
Dans les années de "gloire" de l'IA on dénombrait 3 nouveautés amenées par la technologie à l'enseignement:
Quand faut-il de l'intelligence artificielle dans l'enseignement assisté par ordinateur?
Structure d'un ITS
Dans son article From Cognitive Modelling to the Design of Pedagogical Tools [3], Kurt Reusser décrit les Intelligent Tutoring Systems ITS comme étant composés de 4 modules:
4. Exemple: Les problèmes d'arithmétique en langue naturelle
HERON est un programme d'intelligence artificielle, qui est basé sur des règles décrivant les opérations mentales nécessaires à la résolution de problème.
5. Utilisation
6 principes de design
6. Relation à d'autres outils
Tutorat
Guidage
7. Références
[Besace]
P.J.