Ces théories ont un impact important sur l'évolution de l'intelligence artificielle et sur le développement des tutoriels (par exemple, l'élève apprend avec un apprenant artificiel plutôt que d'apprendre avec un expert artificiel). Mais, elles prennent toute leur importance lorsqu'on considère non pas la relation élève-machine mais la relation élève-élève, médiatisée par un ordinateur. Alors que l'ordinateur a souvent été suspecté de déshumaniser nos classes, on a pu observer un phénomène inverse: puisqu'il y avait plus d'élèves que de machines, il a bien fallu mettre plusieurs élèves par machine. Ces élèves interagissent souvent intensivement face au système (souvent plus qu'en classe où ils doivent se taire). Il est apparu que les interactions entre élèves peuvent être plus intéressantes que les interactions élève-machine, au point que le logiciel est alors conçu comme support à l'interaction plutôt que comme interlocuteur.
Ces travaux prennent d'autant plus d'importance que l'évolution technologique permet aujourd'hui à des apprenants de collaborer à distance et dans le temps. Souvent, les applications télématiques concernent en fait des groupes larges pour lesquels la psychologie cognitive est désarmée, les concepts de psychologie social ou de sociologie devenant alors de meilleurs outils d'analyse). Il est clair toutefois que ce boom télématique constituera le facteur principal de l'évolution des technologies éducatives au cours des prochaines années.